ACTE I, SCÈNE III
Que ses plaintes, qu'en vain vous voudrez apaiser, Laissent mentir les Dieux sans vous en accuser ? Et qui sait ce qu'aux Grecs, frustrés de leur victime, Peut permettre un courroux qu'ils croiront légitime ? Gardez-vous de réduire un peuple furieux, Seigneur, à prononcer entre vous et les Dieux. N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressante Nous a tous appelés aux campagnes du Xante * ; Et qui de ville en ville attestiez les serments Que d'Hélène autrefois firent tous les amants. Quand presque tous les Grecs, rivaux de votre frère, La demandoient en "foule à Tyndare son père ? De quelque heureux époux que l'on dût faire choix, Nous jurâmes dès lors de défendre ses droits ; Et si quelque insolent lui voloit sa conquête, Nos mains du ravisseur lui promirent la tête 2.
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« Comment? Qui te forcera à tuer ton propre enfant?
« Toute l'armée des Grecs en masse
« Calchas dira les oracles à l'armée des Grecs
« Je crois l'entendre {Ulysse), debout au milieu des Argiens, dire les oracles annoncés par Calchas, comment j'ai promis de sacrifier ma fille à Artémîs, et comment je manque à ma foi. Il entraînera l'armée, il poussera les Argiens à nous tuer, toi et moi, pour immoler ensuite la jeune fille. »
' 1. Le Xanthe, que l'on appelle aussi Scamandre, était le principal fleuve de la campagne troyenne avec le Simoïs.
2. Tous ces faits sont rappelés, chez Euripide, par Agamemnon luimême, dans le Prologue. C'était Ménélas qui, dans Euripide, allait attester de ville' en ville les serments faits à Tyndare.
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^ IPHIGÉ>'IE.
Mais sans tous, ce serment que l'amour a dicté.
Libres de cet amour, l'aurions-nous respecte ?
Vou^ "^eul, nous arrachant à de nouTelles flammes,
\ou^ avez fait laisser nos enfants et nos femmes. 3io
Et quand, de toutes parts assemblés en ces lieux,
L honneur de vous venger brille seul à nos yeux ;
I luand la Grèce, déjà vous donnant son sufiTrage,
Vous reconnoît l'autem^ de ce fameux ouvrage:
nue ^e> roi>, qui pouvoient vous disputer ce rang, 5i3
Sont prêts, pour vous servir, de verser tout leur sang.
Le ^eul Asamemnon, refusant la victou^e,
Nose d'un peu de sang acheter tant de gloire?
Et dès le premier pas se laissant effrayer,
^-e commande* les Grecs que pour les renvoyer? "^lo
AGAMEîtXOX.
Ah! Seigneur, qu'éloigné du malheur qui m'opprime,
(Tnovoàç xa^s-va-. xà7:2pi-ac6xi TiSc,
TO':Ttî) c^vajx'jvstv, £1 Ti; ix eojj.wv Aa6d)v
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T^ATy oij-oio»; ^ioêaoôv 6' o-awv fiixa. (57-65.)
(Msviiotovj -Ô oè xaB^ olTrof^^a: osôa(i>
osxojç -naAa.ov; T.>vois£w uzot^osti:.
ypT. .âoT.Bsrv Tot-'.v t.oixT.tisvoi? (77-79.) * Tvndare ent l'idée d'obliger les prétendants à se lier par un s^rment mumel. en se donnant la main, en versant des libations sur^ feude. sacrifices, à jurer avec de terribles imprécations qu il. détendraient celui à qui la jeune fille serait donnée, si jamais un ravisseur Remmenait à sa demeîire et l enlevait à son mari. quHs lui feraient la g^er^e et roioeraieul M ville, grecque o« barbare, par la fo. ce des
'TSnélas. fou de f€«f«t, s'en alla par la Grèce attester les anciens serments faits à Tyndare, qu, obligeaient de servir le /^^*"f ' * 1. Commander, dit Furetière. * régit 1 acçusafil quand il .agit de guerre ».