ACTE L SCÈNE IV
Votre cœur aisément se montre magnanime !
Mais que si vous voyiez ceint du bandeau mortel
Votre fils Télémaqae approcher de l'autel,
Nous vous verrions, troublé de cette affreuse image S 325
Changer bientôt en pleurs ce superbe langage,
Éprouver la douleur que j'éprouve aujourd'hui,
Et courir vous jeter entre Calchas et lui ^ !
Seigneur, vous le savez, j'ai donné ma parole ;
Et si ma fille vient, je consens qu'on l'immole. 33o
Mais malgré tous mes soins s, si son heureux destin
La retient dans Argos, ou l'arrête en chemin.
Souffrez que sans presser ce barbare spectacle.
En faveur de mon sang j'explique cet obstacle,
Que j'ose pour ma fille accepter le secours 335
De quelque Dieu plus doux qui veille sur ses jours.
Vos conseils sur mon cœur n'ont eu que trop d'empire ;
Et je rougis....