‹ Théodicée chrétienne; ou, Comparison de la notion chrétienne avec la notion rationaliste de DieuChapitre 27 sur 58 · ESSENCE ET PEBPBCTIONS DIVINES · texte numérisé non relu

ESSENCE ET PEBPBCTIONS DIVINES

jours en acte et Tacte toujours immanent ; toute relation et toute distinction qui impliqueraient quelque imperfection ; toute division , toute multiplicité, tout changement, sont à jamais exclus de Tessence divine, et nous nous élevons à Tidée la plus haute et la plus parfaite de la simplicité.

L'éternité divine aussi devient facile à concevoir. La substance divine étant un acte imma* nent et immuable ne peut connaître ni passé, ni présent, ni futur; la mesure du temps est absolument inapplicable à Tinfini ; Téternité seule est son mode de durée.

Enfin l'immensité divine est une conséquence de Tinfinité et de la simplicité de Tétre divin. Qu'y a-t-il hors de l'inHui ? rien : l'infini remplit tout; et comme la simplicité de l'être divin ne permet pas de séparer l'action divine de la substance même, il est nécessaire de conclure que Dieu est substantiellement là où il agit. Or , comme il agit partout, puisqu'il crée tout et qu'il conserve tout, il est substantiellement pressent partout. Telle est l'idée de l'immensité divine.

Nous sommes arrivés au ternie de ces déductions ; vous venez de voir toutes les perfections divines découler de la notion même de Dieu. Toutefois, nous avons médité l'essence divine seuleeten elle-même , sans considérer sa vie ni son action. Le ravslère de la Trinité nous révélera la vie divine; le dogme de la création nous fera connaître l'action de Dieu. Jusqu'à ce que nous

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ayons traité de ces deux grands d<^tMs, la notion de Diea ne sera pas complète, tiê rouMiez pas , Messieurs ; et j*ose espérer que des points, qui peuvent rester obscurs dans yos esprits, s'édairciront par Fensemble de la doctrine. Il était absolument nécessaire de dégager d'abord la vraie notion de Dieu , sans reculer devant les ftmnules abstraites , sans se laisser rebuter par les aspérités de la plus haute métaphysique, il faut admettre la notion que je viens de vous pré* senter; ou bien il faut identifier Dieu avec le monde, et subir les grossières contradictions impliquées dans cette doctrine. Malgré ses difficultés, la notion de Tinfinie perfection , telle que je viens de vous Texposer, doit être acceptée , sous peine de voir s'évanouir le véritable iûfini, et avec lui toute la réalité de l'être.

Il est vrai que, lorsque nous voulons fixer les veux de notre raison sur Tessence infinie, nous nous sentons pris comme d'un vertige ; incapables de soutenir longtemps cette contemplation , nos pensées se troublent , les mots nous manquent ; nous retombons bien vite dans nos conceptions bornées , dans nos idées finies. Telle est notre faiblesse; mais enfin, malgré ces défaillances, nous avons entrevu et pressenti cette grande existence ; nous avotis vu Fétre dans toute sa pureté ; la face de notre Dieu s'est un instant dévoilée à nos veux étonnés ; notre intelligence et notre cœur ont dit : il est j et dans ces paroles, nous avons prononcé

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