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nouveau que Jësus-Christ veut former; le baptême est un acte créateur qui renouvelle Tesprit et le cœur de Thomme affranchi de Tancienne servitude. Mais tout acte créateur est un acte essentiellement divin ; le baptême ne peut donc être conféré qu au nom et par Fautorité du Dieu toutpuissant et créateur. Cependant, il est couféré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; il est donc nécessaire que ces trois personnes existent dans Tunité divine, et que cette unité soit une trinité. Le dogme de la Trinité est donc contenu dans la première, dans la plus ancienne, la plus essentielle institution du christianisme.
Mais la formule du baptême n'est qu'un résumé de la doctrine de FHomme-Dieu; elle suppose nécessairement d'autres enseignements, des enseignements antérieurs qui l'expliquent et la complètent. Je vais vous donner un aperçu rapide de ces divers enseignements, afin de bien établir l'origine que nous cherchons.
D'abord, écoulons Jésus-Christ lui-même parlant de sa propre personne, et se manifestant à Nicodème.
« Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle \ »
Ce fils unique, qui est en même temps le fils de l'homme, est descendu du ciel, et cependant
* Joan., III, 16.
UO ONSIÈMe LIÇON.
il n'a pas quitté le ciel. « Personne D*est monté au ciel| sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de riiomme, qui est au cieP. »
Ce Fils unique est sorti du Père, et il est venu dans le monde. « Je suis sorti de Dieu, je suis sorti de mon Père, et je suis venu dans le monde^ »
Le Père dont il est sorti est un avec lui. « Moi et mon Père nous sommes un*^ h
Le Père est en lui, et il est dans le Père. « Croyez que le Père est en moi et moi en lui\ d
Après des témoignages aussi formels sur sa divinité, devons-nous nous étonner de rentendi*e dire : « Je suis la voie, la vérité, la vie*. » Mais ce qui suit est plus exprès encore ) un de ses disciples lui demandant à voir son père, il répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, celui qui me voit, voit aussi mon père. Comment dis-tu, montrez-nous votre père? Ne croyez-vous pas que je suis en mon Père, et que mon Père est en moi? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même ; mais mon Père, qui demeure en moi, fait les œuvres que je fais^ ».
* Joan.y m, i3.
* JoAfi., xvi, S7, 18.
' Joan.y X, 30.
* Joan., X, 38.
* Joan., XIV, 6.
* Joan., XIV, 9.
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D'après ces passages^ et beaucoup d'autres que je pourrais citer , il est évident que Jésus-Christ, tout en se distinguant du Père, en tant que personne, s'attribue avec lui une identité parfaite de substance et de nature. Sans cette distinction et cette identité, les paroles que nous venons d'entendre n'auraient pas de sens. Aussi, dans toutes les occasions, Jésus-Christ exige-t-il la foi en lui comme au fils de Dieu, et reçoit-il l'adoration qui n'est due qu'à Dieu.
Après avob* entendu le maître, écoutons les disciples.
(c Au commencement était le Verbe, nous dit saint Jean, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. II était dès le commencement en Dieu, et toutes choses ont été faites par lui\ » Voilà donc un Verbe coétemel à Dieu, créateur du monde, distinct de Dieu, et cependant un avec lui. Ailleurs, le même apôtre appelle Jésus- Christ, le Verbe de vie, et la vie manifestée; le vrai Dieu et la vie étemelle*.
L'apôtre saint Paul donne à Jésus-Christ les noms de grand Dieu', de Dieu sauveur^; il nous le présente comme celui par lequel le temps a été fait ; celui qui est la splendeur de la gloire et
* Joan.y I, 4y 2y 3.
■ Joan.^Ep. 1, 1,2, 20.
» Tit. n, 13.
^ Ib., 3, 4y et alibi passim.
Fimage de la substance de Dieu ; celui qui soutient le monde par sa parole \
Tous les écrivains sacrés tiennent un langage équivalent; et les quatre évangélistes nous apprennent que Jésus-Christ n'a été mis à mort que parce qu'il s'était dit fils de Dieu se faisant égal h Dieu, comme le remarque saint Jean*. Ces nouveaux témoignages confirment la conclusion que nous avons tirée du témoignage de Jésus-Christ lui-même. L'Évangile nous manifeste donc un Verbe en Dieu, une parole éternelle et substantielle qui exprime tout ce que Dieu est, un Filsy image parfaite du Père, une seconde personne subsistante et agissante dans Tunité divine.
Les Écritures divines nous révèlent encore une troisième personne, à qui le nom de Dieu, les perfections divines, l'action divine, l'origine divine , l'honneur et le culte divins sont attribués.
Il y a un Esprit-Saint, qui, en mille endroits de l'Écriture, est appelé TEsprit de Dieu. Cet Esprit pénètre toutes les profondeurs de Dieu', et enseigne toute vérité *. Il est la source des grâces '. Il procède du Père, et il reioit du Fils*; comme
* Heb. 1, 2 et seq(i.
* Joan., V, 18.
* i Cor.,u, iO.
* Joan., XVI, 13.
* 1 Cor., XII, 4.
* Joan. y xvi', 14.
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le Père, le Fils l'envoie; il est aiiire que le Père, il est autre que le Fils, alius Paracletus^.
Il est des textes où les trois personnes se trouvent réunies et mises en rapport; pesez ces paroles : « Lorsque le consolateur sera venu , cet Esprit de vérité, qui procède du Père , et que je vous enverrai de la part de mon Père, il rendra témoignage de moi.... Et je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, T Esprit de vérité ^ » Évidemment, il y a dans ces paroles trois personnes parfaitement distinguées entre elles, et cependant unies.
Maintenant, si vous rapprochez de tous ces textes la formule du baptême, qui les complète et les résume, rien ne vous paraîtra plus manifeste que renseignement du Nouveau Testament sur Tunité et la trinité divines.
Trois personnes distinguées entre elles , ayant une action qui leur est propre, véritablement subsistantes en elles-mêmes , nous sont donc révélées parles divines Écritures. Mais, d'un autre côté, comme l'unité divine est le fondement de toute la doctrine biblique, il est nécessaire que ces trois personnes subsistent dans une seule nature, dans une seule substance divine; et qu'ainsi il y ait entre elles une parfaite égalité.
Telle est la doctrine des Écritures inspirées ,
* îoan., XIV, 16, ât)
^ Joan.» XV, 46, xiv, 16, 17
tel est le langage de la révélation. Là se trouve la véritable origine du dogme de la Trinité. Sans doute y vous ne lisez pas dans FÉcriture les formules employées plus tard pour exprimer le plus sublime des mystères. 11 n'y est pas question de nature, de substance, d'hypostases, de personnes, de consubstantialitë. Nous verrons dans une prochaine leçon l'origine, la nécessité, la légitimité de ce langage consacré parTÉglise. Mais si les mots ne sont pas dans TÉcriture, les dogmes y sont. La révélation les manifeste, les énonce avec autorité; elle fait mieux encore, elle nous montre les trois personnes divines vivantes et agissantes. Mais elle n'explique rien ; son but est plutôt de former la foi que de satisfaire la raison. Il ne sera pourtant point interdit à la raison de chercher à concevoir le mystère proposé à son adhésion; et plus tard, nous nous appliquerons à cette haute méditation.
Ainsi, pendant que les nations les plus policées se livraient sans mesure et sans frein aux aberrations du polythéisme; avant la naissance de ce grand mouvement d'esprit, qui devait marier et fondre ensemble le génie hellénique et le génie oriental ; lorsque les sanctuaires de l'Orient étaient encore fermés^ et tandis que la philosophie grecque se mourait au sein de ses écoles désertes ; dans un coin obscur de la terre et au milieu d'un peuple extraordinaire, gardien fidèle et jaloux du dogme fondamental de l'u*
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nitë divine, une vëritë nouvelle se levait sur le monde des intelligences. L'unité divine rayonnait dans la Trinité; la vie divine se mani* Testait. La Sagesse divine parlait à la terre pour dissiper les ténèbres de Terreur religieuse qui couvraient sa surface: L'Amour divin^ sous une nouvelle et plus puissante incubation , réchauffait ce globe attiédi, et préparait à l'humanité des destinées nouvelles et plus parfaites.
Rappelez-vous, Messieui*s, Tlnde et la Grèce; ouvrez les écritures sacrées des divers peuples ; lisez les écrits des philosophes ; où trouverez-vous ailleura une révélation plus simple et plus maje^ tueuse à la fois du plus sublime des mystères, une révélation plus profonde et, en même temps, plus nette et plus précise?
Le dogme dont nous venons de constater Torigine n'avait-il aucune racine dans le passé ? était-il une révélation absolument nouvelle ? ou bien ne fut-il que le développement d'un germe préexistant? Je réponds qu'il en existait un germe, et qu'il se trouvait déposé dans les révélations antérieures. £n effet , l'Ancien Testament nous offre les premiers linéaments de ce dogme. Pour les reconnaître nous avions sans doute besoin de lii lumière qui sort de la loi nouvelle ; mais avec ce secours ils deviennent manifestes.
Tous les Pères ont enseigné que le dogme de la Trinité avait été révélé d^une manière obscure et imparfaite dans l'ancienne loi. Il est de mon
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devoir de vous douner un aperçu des preuves qui établissent cetle vérité très-imporlante pour Texplication des anciennes traditions des [)euples, et pour aider à retrouver en elles les traces de la religion primitive donnée au monde.
Plusieurs illustres Pères, et entre autres saint Hilaire et saint Éphrem, ont vu la distinction du Père et du Verbe dans la cosmogonie de Moïse. Au sixième verset de la Genèse y il est écrit : Dieu dit : que le firmament soit fait au milieu des eaux, et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux , et Dieu fit le firmament, et sépara les eaux. Plus loin encore Dieu dit : que des corps de lumièi'e soient faits dans le firmament du ciel.... et Dieu ^/deux grands corps lumineux.
11 y a là une succession infiniment remarquable; il y a là un Dieu qui pense et qui parle; il y a là un Dieu qui agit, qui crée. 1^ premier, dit saint Hilaire, est celui de qui tout provient , ex qiio ornnia, le second, celui par qui tout a été fait, per quem omnia facta sunt.
Mais c'est surtout dans la création de fliomnie (|ue se manifeste la pluralité des personnes divines. « Faisons fliomme à notre image el à notre ressemblance. » Ces paroles nous font entendre comme une conversation divine, nous introduisent dans un conseil divin ; Dieu parle à un autre lui-même; et c'est au moment de créer Timage vivante de sa Trinité. Ou ne peut nier que ce rapport ne soit frappant.