ORIGINE DU DOGME DE LA TRINITÉ. 2M
la retrouvons dans les livres de la Sagesse, de rEcclésiastique y et dans ceux des Propliètes^ mais je ne puis rapporter ici tous les textes où il en est fait mention.
Les Pères de TÉglise ont vu dans cette Sagesse engendrée, étemelle et créatrice le Verbe divio^ le fils de Dieu, la deuxième personne de la Tri-* nité. Écoutons saint Augustin et saint Grégoire le Grand, qui résument tous les autres. « Ouiy dît le grand évéque d'Hippone, dans sa lettre à Deogratias, Salomon a affirmé que Dieu a mt fils ; car dans ses livres, la Sagesse parlant ellemême dit : Dieu m'a engendrée avant les collines;' et Jésus-Christ n'est-il pas la sagesse même de Dieu* ? » Saint Grégoire le Grand est aussi explicite : « Les anciens patriarches ont tous connu Tunité de la Trinité, dit-il, mais ils ne Tont pas enseignée manifestement\ »
Pourquoi ce grand dogme du Verbe et de fav Trinité était-il obscurément et imparfaitement enseigné dans la loi ancienne? Nous pouvons entrevoir une des raisons de cette économie; Lorsque Moïse sépara son peuple de tous left autres peuples, et lui donna une loi religieuse^ pohtique et civile, qui avait pour but d*élever entre lui et les autres nations d'infranchissables barrières, une erreur immense entraînait Thu*
* Epist,, 49, t. n.
' 8. Grégoire le Grand , Mom. 16, in £sech,; l. II,
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manitë tout entière. Celte déplorable erreur consistait à confondre Dieu avec le monde, la créature avec le créateur. La nature divine étant divisée et répandue en tous les êtres, il s'introduisait une pluralité indéfinie de dieux. Séduits parTexemple général, les juifs n'étaient que trop enclins à /ce polythéisme funeste. Cependant il fallait conserver à tout prix le dogme de Tunité divine, puisqu'en lui reposaient Tespérance du salut et le germe de Tavenir. Cette unité devait donc prédominer; et Israël avait la mission d'en porter bien haut Tétendard comme une protestation contre Terreur générale. Malgré cette nécessité des temps, il était cependant convenable que les livres sacrés et la tradition orale perpétuassent, sous des expressions vagues et obscures, le dogme de la Trinité.
Quoique Dieu eût séparé le peuple élu de tous les autres peuples, il entrait dans ses desseins qu'il eut avec eux des communications qui pouvaient leur servir de moyen pour retrouver les traces des vérités primitives, oubliées parmi eux. Nous voyons sous le règne de Salomon un exemple très-curieux de ces communications : au troisième livre des Rois, il est raconté que la sagesse de Salomon était très-supérieure à la sagesse des Orientaux et des Égyptiens. On nomme ensuite les hommes sur lesquels remportait Salomon; ce sont Éthan, Hesman, Chalcol et Dorda. On dit que Salomon était célèbre chez tous les