ORIGINE DU DOGME DE TA TRINITÉ
peuples voisins ; et que les peuples et les rois lui envoyaient des députations, pour recevoir des instructions de sa l)ouche. Les communications doctrinales de Salomon avec TÉgypte sont cer« taines; mais quels peuples faut-il entendre par ces Orientaux, qui reçurent aussi ses enseignements? Il ne peut être question que des Assyriens^ des Babyloniens et des populations qui s^ étendaient vers rinde et la Chine. D'un autre côté, il est certain que les Phéniciens, alliés de Salomon, fondèrent une colonie sur les bords de la mer Rouge, peut-être vei*s le golfe Persique*.
Voilà des relations certaines des juifs avec les plus anciens peuples du monde. Avant ces communications, il pouvait y en avoir eu d'autres; les livres de Job sont aussi anciens que ceux de Moïse, et Job appartenait à la famille arabe.
J'insiste sur ce point, pour vous montrer la possibilité de faire dériver des révélations patriarcale et mosaïque les traces du Verbe et de la Trinité qui se trouvent dans les anciennes traditions orientales. Les Pères ont pensé que les sages de l'antiquité et Platon tenaient des Hébreux les vérités répandues dans leurs écrits. On croit avoir réfuté
• On lira avec fruit rexcellente dissertation de Thomassin , dans son traité de la Trinité, ch. xxiii , § 4, 5 , 6 , 7. Si les critiques, qui traitent avec tant de mépris ropinion des Pères sur les communications qui ont eu lieu entre les Hébreux et les autres peuples, avaient lu ce chapitre de Thomassin, ils se seraient épargné bien des mauvais raisonnements.
cette opimon en disant que la Bible, n'ayant été traduite que sous les Ptolémëes, c est-à-dire deux à trois siècles avant Jésus*Christ, ne pouvait être connue de Platon, qui vivait cinq siècles avant rère chrétienne. Mais on oublie qu'un échange d'idées s'était fait au temps de Salomon, c'est-àdire mille ans avant notre ère ; qu'il pouvait y avoir eu des communications bien antérieures; et que toutes ces communications avaient laissé leur empreinte dans les traditions où vint s'inspirer le génie de Platon. D'ailleurs, indépendamment de toute transmission hébraïque, la révélation primitive suffirait seule pour expliquer les traditions sacrées des peuples.
J'arrive maintenant à un point d'une grande importance, et par lequel je vais terminer cette leçon. Nous venons de prouver que l'origine du dogme de la Trinité se trouve dans la révélation. L'Église a reçu ce dogme de Jésus-Christ lui-même, et l'enseignement du divin maitre est venu éclaircir ce qu'il pouvait y avoir d'obscur et d'incomplet dans l'ancienne loi. Si le fait que nous avons établi est certain, le dogme de la Trinité ne s'est point formé par une élaboration successive des siècles. Cependant, malgré l'évidence du fait, des critiques contemporains affirment que le dogme de la Trinité, incertain et flottant pendant les premiers siècles de TEglise, a été fixé seulement par les conciles de Nicée et de Constan-
tinople.
ORIGINE DU D06MB DE Lk TRINITÉ. Ml
G01 Assertions sont codtraîres à tous lès tnott#mentâ de Tantiquité chrétienne, à toute l'histoirl^ eoelësiasiique. Je vais vous donner uki aperçu dei preuves directes qui établissent la perpétuité et l'immutabilité du dogme catholique. Ces preuves sont des faits, et des faits incontestables. J'ai déjà parlé du baptême et de ses formules; mais It rite même du baptême en usage dans les tempi primitifs n'était pas moins significatif. Voussavfi qu'on le donnait par immersion, et qu'on plooi' geait le néophyte trois fois dans l'eau en l'hoB^ neur des trois personnes divines.
Les confessions de foi sont encore un fait in^ cusable. Je n'en mentionnerai qu'une, connue «it vous tous, et qui remonte à la plus haute âiitî» qliité^ le symbole attribué aux apôtres.
La doxologie célèbre par laquelle l'Église te^ mine toutes ses prières : ce Gloire au Père, gloire au Fils^ gloire au Saint-Esprit », n'est pas moins ancienne dans sa substance, ni moius significa* tive; on y voit avec évidence la distinction et l'égalité des personnes divines.
Les martyrs, au moment de leur sacrifiée^ adressaient toujours à Dieu des prières, que Tati* tiquité nous a conservées, et où nous retrouvons^ d'une manière bien claire, la foi à la Trinité. Il suffira de citer une seule de ces prières, celle d'un des plus anciens et des plus célèbres martyrs, saint Poly carpe, évéque de Smyrne, et disciple d? l'apôtre saint Jean : « J^ vous louey je vous bé^
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DIS en tout, Père céleste , par l'ëtemel Pontife^ Jésus-Christ, votre fils chéri, par lequel et dans TEsprit-Saint, gloire vous soit rendue aujourd'hui et au siècle éternel. »
Enfin, tous les écrivains ecclésiastiques du i"' au m* siècle nous fournissent des témoignages frappants en faveur du dogme de la Trinité. 11 serait trop long de les rapporter ici. Ceux qui voudraient approfondir cette importante matière trouveront tous ces textes réunis, comparés et discutés dans le savant ouvrage de Petau sur la Trinité, et dans l'introduction à la vie do saint Âthanase, par Mœlher, ce pieux et savant professeur de Munich, dont la perte encore récente a été un malheur pour rÉglise.
Je viens. Messieurs, de vous exposer l'origine du dogme de la Trinité, et d'esquisser quelques-unes des preuves de sa perpétuité. Nous avons posé ce dogme comme un simple fait, sans chei'cher à nous rendre compte des hautes notions qu'il renferme. Cependant, déjji n'entrevoyez-vous pas la richesse et la fécondité intérieures de la nature divine? Pourquoi celui qui donne à tout l'être, la vie, la fécondité, ne serait-il pas fécond en luimême? En étudiant l'infini, en nous pénétrant de la simplicité de son être, en le voyant si loin des créatures et si au-dessus d'elles, nous étions restés comme frappés d'étonnement et d'une secrète terreur devant cette solitude divine. Nous ne nous étions pas encore élevés assez haut ; nous n'avions