THÉORIE DU DOGME DK LK TRINITÉ
ligence ; ce rapport , ce lien ne pent être que ramoiir. Voilà donc une troisième propriété en Dieu.
Il y a donc en Dieu trois propriétés fondamentales; car toutes les autres qu'on peut con« cevoir ne sont que ces propriétés primordiales , sous d'autres rapports, sous d'autres aspects. Ainsi la sagesse est Tintelligence manifestée par Tordre; la bonté est Tamour se communiquant au dehors ^
Ces propriétés sont également nécessaires. Concevez-vous Dieu sans puissance d'être ? sans intelligence qui connaisse tout son être? sans amour pour aimer tout ce qu'il connaît?
Ces propriétés existent simultanément; l'une n'agit pas sans l'autre^ et cependant il y a entre elles un ordre non pas de succession , mais de principe. Pour connaître, il faut être; et pour aimer, il faut être, et il faut connaître. La puis* sance est donc la première par une priorité de raison; et l'intelligence précède l'amour.
(les propriétés sont distinctes; évidemment l'une n'est pas l'autre. L'être n'emporte pas ton*
* « Pi ocessiones in divini , accipi non |)os.sunt nisi secun- « cliim acrionps qtiae in agente manent. Hujus inodi autem ii ac'liones in natura iutellectuali et divina non siint nisi duae « s<:ilicet intdligrre et velle. »» Summa, I p., q. 27, art. 5. On voit que saint Thomas réduit l'action divine interne à coiuMitre, et a vouloir. Nous ajoutons Vvtre ^ parce que, pour connaître et vouloir, il faut cHre ; ainsi nous arriveas aux trois propriétés fondamentales/
jours la connaissance ; connaître n'est pas aimer, car que de choses on connaît qu^on n'aime pas, pour lesquelles même on n'éprouve que de la répugnance !
Enfin, essentiellement distinctes, ces propriétés sont cependant essentiellement unes. A cause de Tunité radicale de la substance et de ses modes, ce qui est est identique à ce qui connaît, à ce qui aime, et réciproquement; c'est la même substance qui est, qui connaît, qui aime.
Je ne pense pas qu'aucune de ces notions puisse être rejetée par celui qui conçoit Dieu comme la réalité suprême et vivante, et qui ne fait pas de l'être par excellence une pure abstraction logique. Mais, s'il est d'une évidence absolue que Dieu possède les propriétés d'être , de connaître ^t d'aimer, il est tout aussi évident que ces propriétés en Dieu ne sont pas de pures possibilités; qu'elles ne sont pas à l'état de pure puissance, mais qu'elles sont éternellement en acte.
Ce sont CCS propriétés en acte que nous devons maintenant considérer; c'est ici que nous allons entrevoir le mystère de l'essence divine.
11 est très-important de remarquer en premier lieu que l'objet essentiel des opérations divines est Dieu lui-même; je l'ai déjà insinué, et rien n'est plus manifeste. Quel autre objet digne de Dieu que Dieu lui-même? n'est-il pas tout l'être? nVst-il pas le bien suprême? n'est-il pas l'infini?