THÈORIK DU DOGME DB LA TRINITÉ
Il doit donc trouver en lui-même sa suprême félicité; par conséquent, son objet. L'objet es-* sentiel de la connaissance et de Tamour de Dieu est donc Dieu lui*méme.
Concevons d'abord dans Tinfinie puissance une source de Divinité i comme dit Bossuet, un trésor de vie et d'intelligence, un Principe de tout ce qui est en Dieu. Ce Principe possède ou plutôt est la substance divine elle-même dans son infinité ^ dans toutes ses propriétés , ses attributs , ses perfections. Ce Principe parfait j personnel , cette Puissance , cette force intelligente et volontaire s'applique à l'être divin lui-même; elle en pénètre toute la profondeur; elle en mesure toute la hauteur, toute la largeur. L'œil de cette intelligence, retourné sur elle-même, embrasse d'une seule vue toute la circonférence de Tinfîni. Mais aussitôt il nait dans la substance divine, dans la puissance infiniment féconde, une pensée qui reproduit l'être divin tout entier.
C'est la loi de la connaissance qu'une image, une idée de l'objet connu se produise dans l'entendement qui connaît. Je suis, et je m'applique à connaître ce que je suis. Aussitôt, je reproduis celte conception de moi-même dans une idée , dans une pensée qui la représente. J'exprime cette pensée par une parole intérieure; et si je veux la communiquer, cette parole sort de mon sein au moyen et par le véhicule des
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vibrations sonores de Tair ambiant, et va manifester aux antres intelligences ce qui Aait caché en moi.
Quand je me suis connu moi-même, quand j*ai produit en moi cette pensëe qui me représente, je me suis éclaire moi-même, un jour intérieur a brillé dans mon âme; tout ce qui était latent et enveloppé s'est dégagé et manifesté.
Osons en quelque sorte transporter en Dieu cette loi de la connaissance; car elle a son principe en Dieu comme toutes les lois, et elle s'adapte à son être avec ce caractère d'infinie perfection propre à sa naturel lx>rsque Dieu applique son intelligence à la connaissance de son être, une pensée naît en lui qui reproduit tout ce qu'il est , et qui le manifeste dans une parfaite image de lui-même. Un jour nouveau qui n'a pas de malin, ni de soir; une lumière, pure et éternelle émanation de la lumière primordiale, se lève au sein de la substance divine, et l'inonde de ses splendeui*s. Un Verbe est proféré qui exprime tout l'être divin.
Ce Verbe, celte parole est quelque cliose de substantiel et de vivant; car en Dieu il ne peut
' « Sans cette révélation, qui oserait {lorter ses yeux sur cel admirable secret de Dieu? Mais aprcs la foi, nous osons non-seulement le contempler, mais encore en voir en nous une image ; nons osons en queUpie soi*tc transporter en Dieu cette conception de notre esprit.... »♦ Hossuet, £'M'/ifntt'nns, 2* semaine.
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y avoir aucune luodificatioii , aucune maniera d'être accidentelle , passagère, imparfaite: tout en lui est substance; tout est vie; tout est perfection. Cette parole substantielle et vivante reproduit Tessence divine dans toute son infinité y puisqu'elle est Tessence divine elle« même.
Voilà donc un développement substantiel dans la Divinité , processus, comme disent les théologiens ; voilà, si j'ose ainsi m'exprimer, une phase seconde de son existence. Elle était d'abord; elle était avec toutes ses propriétés de puissance, d'intelligence et d'amour, avec toutes ses perfections infinies; mais elle était sans avoir prononcé cette parole intérieure et substantielle, image lumineuse de son être. Maintenant elle est manifestée , développée dans toute sa splendeur, dans tout l'éclat de sa lumière, de sa gloire incommunicable. Si j'emploie ici une manière de parler qui semble exprimer une succession, ce n'est que pour caractériser nettement la distinction des actes divins; ils sont éternels, indivisibles, immuables; et certes je ne prétends pas transporter en Dieu l'imperfection de notre nature.
Ce développement est la substance divine avec une spécification nouvelle, avec une détermination propre à cette nouvelle phase ; ce n'est pas la substance divine se connaissant ellemême; c'est la substance divine connue par
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elle-inénie. Mais, dans cet étal nouveau , se retrouve la substance divine tout entière , la substance divine avec tous ses attributs , avec toutes ses propriétés : avec sa puissance , avec son intelligence 9 avec sa volonté, avec son aotivité et sa vie essentielle. Ici renaît Tidée de la personnalité.
Par le mot de personne on entend une individualité intelligente, active et permanente. Je vois dans ce second déploiement de Tessence divine tout ce qui constitue la personnalité. D'abord j'y trouve Tindividualité, puisque Tessence y est caractérisée par une manière d'être distincte de la première. D'un autre côté, à cause de Tunité radicale et indivisible de Tessence divine, j'y reconnais aussi toutes les propriétés inséparables de cette essence, la puissance, l'intelligence, la volonté, l'activité, qui achèvent de caractériser la personnalité. Je conçois donc une seconde personnalité dans la substance divine.
Considérons plus attentivement encore comment s'est fait ce développement, ce déploiement de l'essence divine , qui vient de nous apparaître comme une seconde personnalité en Dieu. Nous avons vu que ce développement s'était fait par une conception de l'intelligence divine; une pensée infmie est née en Dieu, avons-nous dit; et cette pensée a i*eproduit tout son être. Cette pensée substantielle et person-