THÉORIE DU D0GM6 DE LA CRÉATION. S
acte tout-puissant y qui appelle à F existence ce qui n'existait pas auparavant. Tous les anciens systèmes religieux et philosophiques rentrent dans une de ces trois hypothèses; et les temps modernes n'ont pas inventé de nouvelles doctrines. Or, la première de ces solutions s'appelle le dualisme; la seconde, Témanation ou le panthéisme ; la troisième enfin est le dpgme chrétien.
Avant d'aborder la discussion, il faut poser les conditions du problème qu'il s'agit de résoudre. L'athéisme écarté, deux faits sont reconnus et admis par les dualistes, les panthéistes et les chrétiens : d'une part, l'existence du monde; de l'autre , Texistence d'une cause du monde. Le problème consiste à découvrir les vrais rapports entre le monde et sa cause ; et la solution du problème doit laisser intacte et inviolable la double existence du monde et de sa cause ; sans cela on sort des conditions du problème, comme du sens commun de l'humanité.
Eh bien! au nom du sens commun, au nom de la logique , je porte contre les deux premières solutions la grave accusation de détruire et d'anéantir les deux termes qu'il s'agit de mettre en rapport, et d'arriver ainsi à de palpables contradictions.
D'abord, est-il bien difficile de se convaincre que le dualisme détruit l'existence du monde et de sa cause ? I^ dualisme consiste à affirmer deux principes ooéternelset nécessaires , indépendants
tih QOINZIÈMB LBOON.
Tuâ de r Autre. Ceft deux principes se Umitabt ré* dproquementy toute la réalité de Tun est enlevée fc la réalité de Tautre ^ tout ce que Tun possède est refusé à T autre. Par conséquent ils ne sont infinis ni Tun ni l'autre. Ils ne sont pas non plus infinis par leur réunion ; car Tinfini n'est pas une ûûllêcliob de parties diverses , il est absolument un^ simple 9 indivisible. 11 n'y a donc pas d'infini dans cette hypothèse ; il n'y a pas de souveraine perfection. Avec la notion d'infini, il faut aussi abandonner celle delà causesuprérae, souveraine ^l parfaite, qui n'est qu'un aspect de l'infini luimême. Mais alors comment sera-^t-il possible de concevoir les causes relatives, imparfaites, finies? Essayez de concevoir les causes relatives sans une cause absolue; l'imparfait sans le parfait; le fini tans l'infini ; vous ne le pourrez pas ; vous épuiserez dans ce vain effort votre intelligence; vous y perdrez votre raison. Or, qu'est-ce que cette impossibilité absolue de concevoir le fini tout seul, l'imparfait tout seul , le relatif tout seul ? C'est l'impossibilité même de concevoir le monde sans une cause suprême, parfaite ^ infinie, le monde tout seul. Le monde vous échappe donc^ sa réalité vous fiiit comme un fantôme de la nuit. Ainsi, le dualisme, en détruisant la notion de Tinfini, détruit celle du fini ^ et rend impossible celle de la cause et celle de l'effet. 11 n'y a plus de cause^ il n'y a plus d'effet ; il n'y a plus de Dieu, il n'y a piui de monde ; c'est le chaos , c'est le néaût«