‹ Théodicée chrétienne; ou, Comparison de la notion chrétienne avec la notion rationaliste de DieuChapitre 45 sur 58 · THÉORIE DO DOGME DE LA CRÉATION. 3S · texte numérisé non relu

THÉORIE DO DOGME DE LA CRÉATION. 3S

Là Mlution dualiste, en niant foi'cément le& deux termes qu'il s'agit de mettre en rapport, détruit le Tait même qu'il faut expliquer; nous ne pouvons donc pas accepter cetic solution. Le résultat de la solution ponlliéislique est exacte^ ment le même; quelques réflexions vont nous en convaincre.

Le panthéisme, dans son expression la plus générale^ consiste à affirmer que le monde appar^ tient à la substance de Dieu; qu'il n'y a dans le monde qu'une seule substance, la substance divine.

Or, s'il y a un principe clair dans notre raison, c'est celui-ci : les modes d'une substance participent aux qualités inhérentes à la substance ellemême, puisqu'ils sont la substance elle-même modifiée d'une certaine manière. La substance divine étant nécessaire et infinie, tout ce que cette substance affecte , tous les modes de cette substance, doivent être nécessaires et infinis comme elle. Écartons donc de suite l'idée que la substance divine puisse être en même temps finie et infinie; infinie en Dieu, finie dans le monde« J'en appelle à votre raison; j'en appelle à votre conscience; concevez-vous qu'une même substance soit en même temps bornée et sans bornes, finie et infinie? Affirmer cette simultanéité d'existences qui s'excluent, n'est-ce pas se contredire ^ tomber dans l'absurde? Le monde appartenant à Fessence divine , étant un développement de ht

IkO QUINZIÈME LEÇON.

substance divine , est donc rigoureusement et nécessairement infini. Mais alors il est nécessaire de transporter au monde toutes les notions, tous les caractères de Tinfîni ; et il faut dire que le temps est éternel, que le contingent estnécessaire, que le relatif est absolu , que la multiplicité est Tunité. Passons sur toutes ces contradictions, qui outragent le sens humain et la logique. Il faut aller plus loin encore; il faut dire que le monde est de soi, qu'il est par soi, qu'il est sa cause à lui-même. Participant à la substance divine, il possède nécessairement ce dernier attribut. Nous avons donc un monde nécessairement infîni.

D'un autre côté^ la cause du monde ne peut être au-dessous de son effet , moindre que son effet; elle sera donc inévitablement une, absolue, éternelle, immuable, infmie.

Nous arrivons ainsi à deux infinis, à un dieucause, à un dieu-monde, à deux dieux, c'est-àdire à une contradiction monstrueuse et subversive de toute raison.

Uans l'hypothèse que nous examinons, quel moyen d'échapper à cette fatale contradiction ? Un seul se présente; c'est d'alFirmcr que l'infîni n'est pas Dieu isolé du monde, ni le monde isolé de Dieu, mais la réunion du monde et de Dieu. Que de difficultés, que de contradictions nouvelles sont engendrées par cette nouvelle affirmation, et ne permettent pas de s'y réfugier!

Page 1