AVERTISSEMENT
point cherché , il est vrai , à ébranler les bases dogmatiques et historiques de ce livre ; leur critique s'est bornée à des détails. Ainsi, on nous a blâmé d'invoquer la conscience chrétienne , d'après ce motif que la conscience est une. Mais peutK)n nier que le christianisme n'ait introduit des idées et des sentiments nouveaux dans la conscience humaine , et dès lors cette conscience, éclairée et inspirée par le chnstianismci ne doit-elle pas être appelée la conscience chrétienne ? Nos philosophes ne veulent pas non plus que saint Augustin ait perfectionné les démonstrations de l'existence de Dieu , données par Platon ; mais ils ne discutent pas les preuves qui établissent les progrès de la théologie entre les Diains des docteurs chrétiens.
D'autres critiques sont Tenues d'un autre camp. Un théologien, qui ne s'est pas nommé, a fait, dans un recueil périodique, un examen sévère de la xnf leçon, où nous donnons Texposition philosophique du dogme de la Trinité. Il blâme certaines expressions. Nous remarquerons d'abord qu'il est bien étrange que ces expressions aient échappé aux trois théologiens qui ont examiné l'ouvrage avant sa publication. Ils les avaient prises, sans doute, dans le sens indiqué par les antécédents et les conséquents, et
ATEBTTSSEMENT. TU
D y ayaient pas trouve les inconvëmetits signalés depuis. Mais enfin, un nouvel examen a pu faire découvrir des taches que n'avaient pas aperçues des yeux, sans cloute, trop' bienveillants. Dans cette nouvelle édition, nous nous sommes efforcé de donner à toutes nos paroles ce caractère d'exactitude scrupuleuse, de précision et de netteté, qui va au-devant de toutes les difficultés et prévient tous les malentendus.
Ces changements et ces éclaircissements ne sont pas les seules a méiiorations introduites dans cette Douvelle édition. Il est peu de pages qui n'aient reçu des modifications plus ou moins importantes. Partout nous nous efforçons de dé^ velopper la pensée, et de donner au style ce degré de simplicité et de force qui le rend son instrument flexible. Des additions assez considénUes, des citations plus étendues de saint Âu^ gusiin et de saint Anselme ont été ajoutées aux leçons sur l'histoire des preuves de Texistenct de Dieu. Celles où nous traitons de la Trinité et de la Création ont été remaniées avec le plus grand soin, afin qu'elles ne restent pas trop audessous de la grandeur du sujet. Notre pensée sur les rapports du fini et de Tinfini, du monde avec Dieu , a reçu de nouveaux développements et des éclaircissements nécessaires. Cependant ,
TIU AV£BnSSEMENT.
dans cette partie , et dans plusieurs autres , il reste encore de nombreuses lacunes, qu'il nous sera donné peut-être plus tard de combler.
Un dernier mot sur notre méthode, attaquée avec beaucoup de légèreté et peu de justice. A. quoi se réduit-elle? à Texposé successif de Thistoire et de la philosophie du dogme. L'histoire du dogme a pour but de montrer par les faits et les témoignages que l'origine du dogme ne se trouve pas dans la raison humaine affaiblie et insuiïïsante pour conduire Thomme à ses fins , mais bien dans la révélation surnaturelle et positive. Suivant le dogme dans sa course à travers les siècles , cette méthode établit qu'il n'est pas un emprunt fait aux traditions antiques, ou à la spéculation philosophique, ni un assemblage d'éléments hétérogènes ; mais que toujours un , immuable , constant avec lui-même , il se montre infiniment supérieur aux systèmes hérétiques ou philosophiques qui ont voulu le combattre et l'abolir. Cette méthode enfin s'eflbrce de prouver que les formules employées par TÉglise pour fixer le dogme sont l'expression la plus haute et la plus pure de ces vérités divines.
Appuyée sur cette base historique inébranlable, la philosophie du dogme a pour but de lever les difficultés de la raison , et de présen-
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t^ le dogme comme la véritable explication de Dieu, de Thomme et du monde. Notre philosophie dogmatique cherche donc à établir tous les rapports du dogme avec la raison , la science j le perfectionnement individuel et social.
Telle est notre méthode, qui n^a d'autre but que de combattre le rationalisme sur son terrain, pour le désarmer et le vaincre. Eh bien ! c'est cette mélhode, qui repose tout entière sur Tinsuflfisance de la raison , qu'on n'a pas craint de qualifier de rationalisme.
Nous ne chercherons pas à la justifier; elle a ses preuves dans notre Uvre. Montrons seulement qu'elle ne nous est pas personnelle. u L'exposé scientifique de la doctrine révélée est très-utile à la dignité et à la considération de cette même doctrine ; et ceci se prouve par la nature même de la chose. En efTet , un exposé scientifique est celui qui , partant de principes certains et avoués par tous, en déduit les conséquences naturelles. De là cette définition de la science, qui est la connaissance certaine et évidente, puisée dans ses propres causes, d'une vérité nécessaire et immuable. Dans la théologie chrétienne , ces causes sont les principes et les vérités divinement révélées. Donc , prendre ces vérités pour principes ; exposer leur force , mon-