‹ Théodicée chrétienne; ou, Comparison de la notion chrétienne avec la notion rationaliste de DieuChapitre 54 sur 58 · RÉSUMÉ £T CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ £T CONCLUSION

et de rhistoirCy ne constitue qu'un vain système, et laisse riiomme à lui-même, dans tout le dénûment de sa pauvreté. C'est cette philosophie rationaliste qui me parait frappée de stérilité, d'impuissance et de mort. Elle s'est épuisée; elle a produit tout ce qu'elle pouvait produire. Croyez-vous pouvoir aller plus loin que Hegel dans la théorie de l'absolu? Croyez-vous pouvoir établir un milieu de doctrine plus solide , que celui que propose dans V Esquisse un puissant et magnifique génie ? Quelle espérance vous reste-* t-il donc? Vous ne pouvez, sans vous perdre, aller jusqu'où va Hegel, car c'est aller à l'athéisme; vous ne pouvez rester dans ce milieu rêvé par Tau* teur de Y Esquisse, car ce milieu est illogique. Vos maîtres les plus illustres vous abandonnent et se rapprochent du christianisme. Quelle espérance donc peut être la vôtre ? Je vous entends , vous invoquez l'avenir, refuge commode de ceux qui n'en ont plus ! Vous espérez dans la manifestation d'un dieu nouveau; vous vous confiez dans la puissance de l'esprit qui peut créer un nouveau dieu pour l'adoration des mortels; et vous ne vous apercevez pas que vous donnez gain de cause à cet hégélianisme qui vous effraye; car, lorsque vous affirmez la venue future de ce dieu, vous affirmez l'hégélianisme; c'est un emprunt que vous lui faites peut*étre sans le savoir. D'ailleurs invoquer l'avenir, c'est dire à l'homme de cesser de vivre dans le présent; c'est ajourner

/|rS6 TUfGT ET UNIÈME LSQOIU

la vie. Non 9 rhomme ne petit se passer de la côDDaissaiice de Dieu. Pour vivre il faot qu'il ak toujours connu, il faut qu'il oonoaisse toujoun et son principe et sa fm. Sans cette contuisaanœ il n'y a ni vertu, ni repos, ni bonheur. En appe^ 1er à l'avenir , c'est donc manifestemttil avouer son impuissance.

La grande question : qu est-ce qae Dieu? est réternelle pierre d'achoppement pour tous les systèmes qui ne sont pas chrétiens. Posez toujours cette question aux divers systèmes qui sollicitent votre adhésion; méditez leur réponse, et vous aurez leur mesure de vérité. Cest devant cette formidable interrogation que le rationalisme, et par ses réponses, et par son silence, et par ses vaines espérances, est forcé de s'avouer vaincu.

Puisque la vie n'est pas dans le rationalisme, il Osiut la chercher ailleurs. Tournons les veux vers le christianisme; et permette2>moi de vous présenter dans une seule vue Tensemble de la doctrine développée durant cette année.

Le monde a une cause, rien n'est plus clair; mais quoi de fhis simple et de plus philosophique à la fois que de supposer cette cause parfiaiite et infinie ! Nous est^il donné de concevoir l'îa^iar* fiaiit, le fini, sans le parfait, sans Tinfini? cooœvons*nous l'imparfait, le fini, autrement que comme ta négaticHi du par&it et de l'infinie L'affirroatioD ne préoède*t-eUe pas la négaboa?

BfiSUllÉ ET CONCLUSION. ktl

Antérieur à rimparfail et au fini, le parâul^ rinfioi y est la cause de Vimparfait et du fini | rien n'eat fdua manifeste^

QuifUiinfiDiy dit T Être sou verahi et suprême qui se sufHt pleinement à lui-même. L'Être souverain et infini ne peut se suffire à lui-mémtf qu'en trouvant en lui-même sa pleine et infinie félicité. Cest par la connaissance de lui^méroe^ cVat par Tamour de lui-même que TÊtre infini peut jouir de lui-même. Mais comme en Dieu tout est substantiel et infini , le terme de coo* naissance que Dieu engendre en se connaissant^ et le terme d^amour qu'il produit en s aimant^ sont substantiels^ infinis, personnels , sont UeU même.

Ainsi le dogme auguste de la Trinité nous révèle le secret de la vie divine, et introduit la diversité dans l'unité, sans détruire l'infinité.

Aussitôt que ces hautes notions ont pénétré l'esprit de leur lumière; aussitôt qu'elles sont bien conçues , la liberté infinie de Dieu parait dans tout son éclat.

L'idée du fini en Dieu, l'archétype du monde ne représente pas Dieu dans son infinité , et se distingue du Verbe consubstantiel dans lequcd il réside. Cette idée n'ajoute pas un nouvéan degré de perfection à ce qui est infiniment parfaite

Si cette conception idéale du monde n'ajoute rien à h penaée divine , à frfus forte nisoi la

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