‹ Théodicée chrétienne; ou, Comparison de la notion chrétienne avec la notion rationaliste de DieuChapitre 55 sur 58 · S TIMGT ET UNIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

S TIMGT ET UNIÈME LEÇON

réalisation de celte pensée par la création ne procure-t-elie à Dieu aucune perfection nouvelle. La création est la manifestation extérieure de Dieu. Cet acte d'absolue liberté est essentiellement la production de substances qui n'existaient pas auparavant. La bonté , l'amour parfaitement désintéressés et par conséquent toujours libi-es, sont le motif de la création.

Inépuisable dans son principe, aussi indéfinie qu'on la suppose, et dans sa durée , et dans son étendue , et dans la multitude des êtres qu'elle renferme, cette création est toujours nécessairement finie, car sa loi essentielle est le temps, l'espace et le nombre, qui impliquent toujours des bornes.

Mais, quoique essentiellement finie, elle esl digne de Dieu, puisqu'elle est faite à son image. Reproduisant les lois internes de l'être divin, par un progrès incessant et continu, elle s'élève sans cesse vers Dieu ; et dans ses êtres les plus nobles, elle tend à s'unir à lui de la manière la plus parfaite, sans jamais se confondre avec lui.

Nous avons donc une cause réelle^ c'est-a-dire puissante, intelligente, sage, bonne; en un mot inBnie. Nous avons aussi un effet réel , c'est-àdire un monde qui n'est pas un phénomène, une apparence, mais une existence véritable, quoique toujours flnie.

Tel est le résumé de toute la partie positive

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de cet enseignement. Sans doute cette doctrine^ De lève pas toutes les difficultés j ne dëchire pas tous les voiles^ ne dénude pas tous les mystères; mais du moins vous n'y trouvez pas ces contradictions choquantes contre lesquelles viennent échouer toutes les autres théories; mais un rayon lumineux perce la nuit du mystère, et une aurore blanchissante annonce le plus resplendissant des jours. Au sein des profondeurs encore insondées, résonnent des harmonies qui ravissent Tintelligence; et si ces harmonies ne se fout encore entendre que dans le lointain de rame, si la lumière est encore mêlée d'ombre, ce tempérament n'est-il pas conforme à un état d'épreuve, n'est-il pas bien calculé pour l'initiation de la créature?

Eln même temps que l'intelligence trouve la vérité dans la doctrine chrétienne , l'âme et le cœur y puisent, y boivent à longs traits et la vie et la force.

L'âme humaine se refuse à voir dans le monde le développement d'une vie universelle qui s'élèverait de degré en degré jusqu'à l'intelligence d'elle-même. Elle veut y reconnaître la manifestation d'un être souverainement parfait, puissant, intelligent et bon, qui nous parle par les mille voix de la nature, toujours présent quoique invisible au sein de son œuvre.

La volonté a besoin de s'appuyer sur l'idée d'un ordre éternel et absolu, sur la notion d'une

UW VIJIGT ET UfflÈMB LEÇON.

jttstice immuable. Cette pensée seule peut nous animer aux combats et aux sacrifices de ht vertu.

Tous les instincts de Tbomme réclament une providence, incorruptible témoin de tons les^ Mouvements des cœurs; refuge contre les enftraioeBieDts des passions , et a«(ile assuré de toi» eeux qui souffrent.

. £nfm , tout Tétre humain aspire à un infini vivant , à un infini réel, personnel, qui notMT livre tous les secrets de la vérité dont Tespril cal avide; qui nous inonde de tout te bonheur que le cœur pressent.

Ainsi y la philosophie de la foi , la phflosopbfe diéologiqne est en harmonie avec tous les besoins de rhomme; et le Dieu du christianisme sera toujours le Dieu de Iliumanité. La foi inlelli- ^nte est donc le principe de la lumière, de Fordre, de la paix, du bonheur. Le rationalisme, au contraire, dessèche et flétrit Tintelligence et le coefir. Où est la vie? où est la mort? Décidez et choisissez.

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Nécessité d'avoir des idées justes sur la nature de la théologie. — Son objet : la révélation ; Dieu et l'homme dans leur nature et dans leurs rapports les plus mystérieux et les plus profonds ; l'infini. — Sources de la théologie : l'Écriture , la Tradition et les définitions de l'Église. L'autorité des Pères et des théologiens , la philosophie humaine fournissent à la théologie ses principes secondaires. — Procédés sur lesquels s'élève la science théologique : distinction entre la foi et la théologie , qui est la science de la foi. — Usage de la raison dans la théologie : la raison systématise, développe, prouve et explique les vérités révélées. — Les vérités démontrables» étant aussi l'objet de la révélation , tombent dans le domaine de la théologie^ qui peut les traiter par la méthode purement rationnelle. — Conséquence des principes posés : la théologie est une science, une science d'autorité et une science de raison ; la théologie et la philosophie sont distinctes, mais ne doivent jamais être séparées ; malheur de cette séparation ; nécesiité de la théologie )j^ilosophique ; dispositions aux études tbéologîques.

m:uxièm£ leçon.

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Utilité de l'histoire de la théologie. — Résumé de la leçon précédente. — Deux parties dans la théologie : l'une immuable» l'autre mobile; fondement de l'iûstoire de cette science. — Trois époques dans cette histoire : première

. époque, qui embrasse les six premiers siècles. — *- Caractère des temps apostoliques, qui détermine celui de la théologie dans ce siècle de formation; saint Ignace. — Les upolof^g premiers essais de la coBtroverse et de r«x-

pose scientifique du chnstianisme ; Athénagore et saint Justin. — I/école d'Alexandrie et s^m influence sur la théologie : Origène , ses travaux , sa méthode. — Étal de la science chrétienne dès le ii* et le m* siècle. — Prodigieux développement de la théologie dans le i v* et le v* siècle ; les Pères et leurs travaux ; saint Athanase et saint Au* gustin; philosophie théologique ; littérature chrétienne ; transformation du monde.

SUITF. DE l'histoire DE LA TmÉOLOCIE.

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Deuxième époque; le moyen âge. — Malgré toutes les calamités qu'entraîna Tirniption des Barbares , la suite des écoles et de l'enseignement théologique se maintient ; caractère de cet enseignement ; tentatives pour dresser un corps complet de doctrine. — Réveil des études au xi« siècle ; renouvellement de la philosoplhie chrétienne dans l'abhaye du Bec; saint Anselme. — Origine de la scolastique ; philosophie qu'elle engendre ; rapports de l'Église avec cette philosophie. — La scol astique appliquée à la théologie ; la méthode scolastique arrive à son apogée dans saint Thomas d'Aqiiin : la Somme théologique. — Après saint Thomas, la scolastique dégénère ; jugement sur cette méthode. — Troisième époque : les temps modernes. — La réforme et son action sur la théologie ; grand développement d'érudition et de science. — Bacon et Descartes ; alliance de la théologie avec la philosophie cartésienne. — Le rationalisme moderne; rupture de l'alliance de la théologie et de la philosophie; ses résultats. — Nécessité d'une nouvelle alliance entre la théologie et la science.

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