TROISIÈME PARTIE
Dans la vie de toute Byzantine, la religion tenait une grande place. Dans la vie d'une impératrice, elle était une part même du protocole. A chacune des grandes fêtes, si nombreuses, de Torthodoxie, la souveraine, vêtue de pourpre et d'or, s'en allait, suivie d'un splendide cortège, aux grandes églises de la capitale, h Sainte-Sophie ou aux Saints-Apôtres, à Saint-Serge ou à Saint-Mocius, au sanctuaire de Sainte-Marie-dela-Source ou à celui de la Vierge des Blachernes, et assise sur le trône, parmi ses cubiculaires et
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ses ostiaires. environnée de la ioule parée des lemmes, des hauts dionitaires, dévotement elle assistait à la divine liturgie, ou venait pieuse-ment, tenant en main des cierges, s'agenouiller aux pieds des autels et prier devant les reliques sacrées. Sans cesse la procession impériale déroulait à travers les rues de la cité le luxe pittoresque des costumes officiels, incessamment variés selon les exio*ences du cérémonial. Tantôt, en grande pompe, on allait inaugurer quelque église nouvelle ; tantôt on allait vénérer quelque relique célèbre, pour obtenir d'elle de miraculeuses miérisons ; tantôt on se rendait en quelque couvent fiuiieux pour solliciter la bénédiction de quelque ascète renommé ; tantôt, en de solennelles actions de grâces, on remerciait le Seigneur des victoires accordées par la Providence aux armées de Tempire ; ou bien, en noirs habits de deuil, on venait, en de touchantes lamentations, supplier le Dieu tout-puissant de lléchir sa colère, de mettre un terme aux fléaux, peste ou tremblement de terre, par lesquels il désolait la capitale. Fermement persuadés qu'un empereur est nécessairement Télu de Dieu, préposé par un choix particulier de la Providence à la direction des choses humaines, convaincus que dans tous les embarras, dans tous les périls,
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le Seigneur étend sur le basileus sa main protectrice et l'assiste de son inspiration, intimement mêlés à toutes les cérémonies du culte et à toutes les affaires de l'Eglise, les maîtres de Byzance menaient vraiment une vie pontificale.
Justinien prenait à cette existence un plaisir singulier. Fort dévot et même superstitieux, il se croyait l'objet de la sollicitude spéciale de la Providence, et il se plaisait à constater les miracles qu'elle multipliait en sa faveur. Il se rappelait comment, un jour qu'il était fort malade et que la science humaine désespérait de le sauver, les deux grands saints médecins, Cosme et Damien, dont tout Byzaîice savait et vénérait la miraculeuse puissance, étaient descendus tout exprès du haut du ciel pour guérir le prince déjà agonisant. Il se souvenait qu'une autre fois, gravement atteint de rhumatismes et presque paralysé, il s'était remis par miracle, au seul contact des reliques sacrées, et par l'effusion de l'huile sainte s'écliappant du corps des martyrs. Et pénétré de gratitude, sans cesse il s'appliquait a marquer sa reconnaissance a ce Dieu qui lui prodiguait ainsi les témoignages éclatants de sa protection. Conserver la pureté de la foi, défendre en toute occasion l'Eglise, la réformer dans la discipline et dans le dogme, étendre et propa^.
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ger son influence, tel était son constant souci. Il aimait a bâtir des éolises et des monastères : il en couvrit l'empire . Il aimait davantage encore à se mêler aux controverses théologiques. Présider des conciles, converser avec des évéques, disputer avec des dissidents, était un de ses divertissements favoris. Beau parleur, très fier de son éloquence, de la force de son érudition, de la logique de ses démonstrations, estimant, non sans quelque naïveté, qu'il n'avait point son pareil dans Fart savant de la controverse, il se plaisait a édifier les prélats par des homélies pleines d'onction et de douceur ; il se flattait de convaincre par d'irréfutables arguments et de convertir les hérétiques ; il passait les nuits a raisonner avec les théologiens ou à composer des écrits de polémique dont il ne tirait pas médiocrement vanité. Toute sa vie il se mêla, souvent indiscrètement, des affaires de l'Eglise ; et ceux qui voulaient lui plaire le félicitaient volontiers d'unir en ses discours (( la mansuétude de David, lu patience de Moïse, la clémence des apôtres, et de réaliser sous son règne l'aoe idéal prédit par les prophètes, où les philosophes seraient rois et les rois philosophes ».
Théodora aussi avait un trop vif souci des exigences de l'étiquette pour manquer aux pieux
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devoirs qui s'imposaient h une impératrice. Elle avait en outre trop de finesse et de sens politique pour ne point sentir quelle était, dans un Etat chrétien, l'importance des questions religieuses, et quel péril il y avait a s'en désintéresser. Enfin, et par-dessus tout, elle était sincèrement pieuse. Elle avait, en bonne Byzantine, un grand respect pour les personnes ecclésias tiques, pour ces moines à la figure austère, aux longs vêtements noirs, pour ces pieuses femmes qui avaient renoncé au monde pour prendre c( le vêtement des anges » et devenir ce des citoyens du ciel ». Elle leur était, comme tous les gens de son temps, profondément reconnaissante des vertus, des pénitences, des prières par lesquelles ils suppléaient aux mérites insuffisants des autres chrétiens. Comme Jus^ tinien, elle admirait sincèrement (c cette vie monastique, qui met l'homme en communication directe avec Dieu, qui le rend pur, puissant par la méditation, supérieur à tous les soucis de l'humanité. ». Elle aimait à s'entourer de solitaires et d'ascètes ; elle les recevait familièrement au Palais Sacré, elle s'entretenait avec eux des choses spirituelles, elle déférait volontiers à leurs demandes et mettait sa confiance en leur intercession. On a déjà vu comment, pour guérir
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Justinieii malade^ elle fît appel aux prières du moine syrien Zooras ; on sait comment elle supplia le grand saint de Palestine, Sabas, d'intercéder auprès de Dieu pour qu'il lui donnât un fils. L^histoire de ses rapports avec Maras 1 anachorète n'est pas moins instructive ni moins piquante.
Maras était un de ces fougueux Syriens dont Tardente piété et le zèle souvent téméraire ne s'arrêtaient devant aucun obstacle. Vers Và^e de trente ans, au jour même où devaient se célébrer ses noces, brusquement il avait été touché de la grâce et avait préféré le joug léger de Dieu « aux funestes incommodités de l'union corporelle ». Entré au couvent, il s'était fait remarquer par Taustérilé de ses pénitences, la rigueur presque excessive des traitements qu'il infligeait à sa chair. Très dur pour lui-mçnie, il n'était pas moins sévère pour les autres. On sait déjà avec quelle violence il osa, au Palais Sacré, réprimander Justinien et ïhéodora. C'est par là qu'il plut à l'impératrice. Jugeant qu'un si saint homme devait être tout-puissant auprès de Dieu, eilelui offrit de rester au palais. Maras refusa. Elle lui fit alors, par son trésorier, remettre une forte somme pour ses aumônes. Avec un insolent mépris, le bienheureux, secouant
de sa poigne vigoureuse le sac qui contenait l'argent, jeta les pièces d'or à la face de l'impératrice et des chambellans ébahis et terrifiés. La chose fit quelque bruit à la ville et à la cour ; mais Théodora ne se découragea point. Le bienheureux s'était retiré de l'autre côté de la Corne d'Or, au faubourg de Sykte, pour y mener dans la solitude la rude existence qu'il avait accoutumé. Humblement la basilissa lui fit présenters es excuses, pour avoir osé par des présents l'exposer à la tentation, et elle lui fit demander de vouloir bien du moins accepter d'elle de quoi subvenir à sa nourriture. Maras ne voulut rien entendre : a II n'y a rien en toi, réponditil, dont aient besoin les serviteurs de Dieu, sinon la crainte du Seigneur, si tu es capable de l'éprouver. » Et pour se dérober aux sollicitations impériales, il alla plus loin chercher une plus tranquille retraite.
Entre temps, ses étrangetés l'avaient rendu célèbre. Les badauds et les âmes pieuses venaient le voir et demander ses prières ; la faveur que lui marquait la cour lui attirait d'autres visites encore. Une nuit, des brigands vinrent l'assaillir dans sa tente: a Si tu ne nous donnes pas, lui dirent-ils, l'or que t'envoie la basilissa, nous te tuons sur l'heure. » Alors le bienheureux :
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(( Croyez-moi. je n'ai point cror. Si je voulais de l'or, je n'iialjiterais point ici. » Mais les voleurs, incrédules, mirent Tepée à la main, et Tun d'eux frappa Maras de son bâton. Mal leur en prit. Le Syrien était un robuste athlète; d'un revers de main il renversa le premier de ses adversaires et s'armant du bâton de la victime, successivement il terrassa six autres voleurs ; puis, soigneusement, il les ficela, mettant de coté leurs épées et leurs gourdins; après quoi il leur dit avec une tranquille ironie : a Je vous avais prié, mes fils, de me laisser tranquille ; je regrette que vous ne m'ayez pas écouté. Maintenant, laites-moi le plaisir de vous tenir en repos jusqu'au jour, et mettez-vous bien dans l'esprit qu'il ne faut jamais mépriser même un pauvre homme. » Au matin il les lâcha, gardant seulement leurs bâtons et leurs épées.
L'incident fit grand bruit h la cour ; et lorsque le chambellan envoyé aux renseignements rapporta au palais, pour les montrer aux souverains^ les trophées de la victoire du bienheureux, Justinien et Théodora en conçurent pour INIaras plus d'admiration encore. L'aventure profita par ailleurs aussi au Syrien. Il consentit enfin à ce qu'on lui bâtit un monastère, et il vécut la désormais, priant et prêchant, et ne se privant pas plus
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que par le passé de réprimander vertement h l'oecasion Tempereiir et Timpératrice. Aussi, lorsque en 542 il fut emporté par la grande épidémie de peste, les princes décidèrent de lui faire des funérailles solennelles et ils envoyèrent pour y assister les gens les plus illustres et les plus nobles du palais, cubiculaires et sénateurs, évêques, clercs et moines. Et la mort du saint parut a Constantinople une calamité publique.
Pour ces étranges ascètes, la hautaine Tliéodora avait des trésors d'indulgence. Son orgueil acceptait leurs remontrances, leurs insolences, leurs duretés ; sa grandeur s'humiliait devant leurs haillons. Attentive à les protéger, elle avait pour eux une générosité inépuisable ; sa charité se dépensait en pieuses fondations de monastères, d'hôpitaux, d'orphelinats. Justinien parle quelque part des dons magnifiques que TAugusta fit aux sâcro-saintes églises, aux hôpitaux, aux asiles, aux évêques et aux moines. Elle donna au moine Zooras, pour s'y retirer avec ses disciples, un vaste domaine au faubourg de Sykae ; elle acheta, pour y offrir asile au patriarche d'Alexandrie Théodose, une belle villa à Derkos en Thrace ; elle fit accepter à Jacques Baradée une maison dans la capitale, pourvue de tout le nécessaire ; elle fonda un monastère jus-
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que dans l'intérieur du Palais Sacré. Pour recevoir les étrangers pauvres que leurs affaires amenaient à Constantinople, elle fit construire plusieurs vastes hôtelleries. Elle éleva des basiliques, des maisons de refuge pour les malades et les misérables ; elle se plut à enrichir les plus illustres sanctuaires de présents somptueux. Elle aimait à se faire représenter dans cette libérale et charitable attitude : sur la splendide tapisserie brodée d'or qui formaitla nappe d'autel de Sainte- Sophie, on la voyait visitant avec Justinien des hôpitaux et des églises, ce bonnes œuvres, écrit un contemporain, de ces maîtres du monde, de ces protecteurs de la cité ».
Parmi ses fondations, il en est une qui est demeurée particulièrement célèbre : c'est la construction de l'église des Saints-Apôtres.
Sur la colline où la mosquée de Mahomet II dresse aujourd'hui ses coupoles surmontées du croissant, Constantin le Grand avait fait bâtir une église dédiée aux saints Apôtres, et son fils y avait fait solennellement transférer, en les plaçant dans un cercueil d'or, les reliques des apôtres André, Luc et Timothée. Dans la pensée du fondateur de l'empire chrétien, cet édifice devait servir en même temps de lieu de sépulture «n lui-même et h ses descendants. Au
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temps de Jiistinien, la basilique primitive croulait de vétusté ; l'empereur la fit abattre et Théodora se chargea de la rebâtir plus va<îte et plus belle. En 536, l'impératrice posa solennellement la première pierre du nouveau temple, et le grand architecte qui à ce moment même achevait Sainte-Sophie, Anthémius de Tralles, présida, avec le concours d'Isidore le Jeune, à la construction du sanctuaire. Comme à Sainte- Sophie, on déploya aux Saints-Apôtres toutes les splendeurs et toutes les recherches de la décoration byzantine. Une forêt de colonnes, arrachées sans doute pour la plupart à des temples païens, forma sur tout le pourtour de l'église un double étage aux riches couleurs ; sur le sol, sur les murailles, les marbres précieux se disposèrent en une étincelante marqueterie ; à la voûte des coupoles, aux parois de la basilique, des mosaïques représentèrent, à côté du Christ triomphant, entouré de la Vierge et des apôtres, les épisodes principaux de la vie terrestre du Sauveur. Mais c'est surtout par le plan que la nouvelle construction fut remarquable. Elle eut la forme d'une croix grecque ; et tandis qu'à Sainte-Sophie, une seule et énorme coupole couronnait Tédifice, ici cinq coupoles surmontèrent l'intersection et les extrémités des bran-
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ches de la croix. Cette disposition qui rappelait, paraît-il, celle de Saint-Jean-l'Evangéliste à Ephèse, devait faire fortune dans l'histoire de l'architecture byzantine. Tandis que Sainte- Sophie, trop difficile à imiter, est demeurée presque unique, l'église des Saints-Apôtres, «le nouveau firmament à cinq dômes, comme dit un poète, étoilé de mosaïques d'or )), a servi constamment de modèle aux constructeurs des siècles postérieurs. Saint-Marc de Venise n'est guèie qu'une réplique de la magnifique église bâtie par Justinien et Théodora.
Avec un zèle pieux, Théodora suivit les progrès de l'édifice, et la légende raconte qu'il lui donna plus d'une fois du souci. On eut d'abord fort à faire pour établir des fondations solides, h cause de la rivière Lycus qui ébranlait le sous-sol de ses infiltrations. Puis ce fut une autre affaire. Au moment où on allait commencer la décoration en mosaïques, Théodora s'aperçut que les fonds manquaient pour continuer le travail. Heureusement, les apôtres en l'honneur de qui s'élevait l'église et dont on venait, au cours des travaux, de découvrir miraculeusement les restes sous le pavé de l'ancienne basilique, vinrent au secours de l'impératrice. Elle eut un songe. André, Luc et Timothée lui apparurent :
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« Ne t'inquiète pas, lui dirent-ils, et ne demande point d'argent à ton mari Justinien ; mais va au bord de la mer, hors de la porte de Dexiocrate ; tu y trouveras enfouis dans le sol douze vases remplis d'or. » Théodora obéit et, en effet, h l'endroit marqué, on découvrit les vases pleins — ce qui montrait bien l'origine divine de la libéralité — de pièces toutes marquées à l'effigie des saints Apôtres. Ainsi la souveraine put achever l'édifice et l'enrichir prodigieusement.
Théodora, pourtant, n'eut point la joie de le voir entièrement terminé ; c'est deux ans seulement après sa mort, le 28 juin 550, qu'eut lieu l'inauguration solennelle. Pourtant, dès son vivant, l'essentiel était fait, et conformément au vœu de Constantin, dans ce Saint-Denis de l'empire grec d'Orient, elle avait fait, dans une somptuei^se chapelle, préparer pour elle et son époux de magnifiques sarcophages de marbre, où durent être placés plus tard les cercueils d'or des deux souverains.
Malgré sa piété, ses bonnes œuvres, ses fondations, son zèle pour les choses de la religion, Théodora a été jugée diversement, et souvent sévèrement, par l'Eglise. Tandis que certains chroniqueurs orientaux la nomment a la très pieuse Théodora », tandis que ses amis de Syrie
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la proclament à l'envi « l'impératrice qui aime Dieu, qui aime le Christ, l'impératrice fidèle », tandis que plusieurs la jugent « suscitée par Dieti même pour protéger les affligés contre les rigueurs de la tempête », d'autres écrivains, particulièrement dans l'Occident latin, n'ont point eu pour elle assez d'outrages et de malédictions. C'est qu'aux yeux de la catholicité ortho.doxe, Théodora était véhémentement suspecte d'hérésie. Fort attachée au patriarche Sévère, elle professait ouvertement la doctrine monophysite, qui rejetait le concile de Chalcédoine et n'admettait qu\me seule nature dans la personne de Jésus-Christ. Pour défendre ses amis, ouvertement elle bravait Rome, et jusqu'à son dernier jour, obstinément, elle protégea ses partisans contre les foudres pontificales, a Elle réchauffait, dit un historien, le zèle des hérétiques établis dans Tempire ; elle comblait de présents magnifiques ceux de l'étranger. » Ce n'est pas tout. Avec sa coutumière ardeur, elle poussait Justinien dans la voie où elle-même s'était engagée, et au nom des intérêts de l'Etat même, elle l'entraînait vers une politique qui inquiétait légitimement la catholicité. Tandis que les sentiments religieux de l'empereur, son respect de Torthodoxie, ses grandes ambitions l'inclinaient égale
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ment à maintenir l'union avec Rome et à persécuter les dissidents, Théodora, moins docile et plus fine, rêvait d'autres desseins. Pendant vingt ans, avec une souple et tenace habileté, à travers tous les obstacles, elle poursuivit sa tâche, et souvent elle imposa sa volonté à son époux ; et si la mort, trop tôt venue, Tempêcha de réaliser pleinement son œuvre, la politique religieuse qu'elle conçut fait honneur à son intelligence d'homme d'Etat, et achève de donner la mesure de l'influence qu'elle exerça sur l'esprit et le gouvernement de Justinien.