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Sacré ; au grand dépit des orthodoxes, on les vit reprendre du crédit à la cour. Bientôt Thcodora fit plus : elle détermina Jiistinien à entrer en ji'elations directes avec les dissidents. Depuis longtemps elle avait une grande admiration et une vive amitié pour Sévère, le patriarche déposé d'Antioche. qu'elle avait jadis connu i\ Alexandrie. Par su foi, sa science, son éloquence, par le ferme courage qu'il avait montré dans la persécution, ce prélat était une des gloires du parti monophysite ; esprit élevé, conciliant, ennemi des vaines disputes, il semblait plus que tout autre capable de se prêter à un accommodement. La basilissa fit comprendre à son mari, malgré ses répugnances, quel avantage il y aurait à s'accorder avec un tel personnage, si influent, et elle réussit à le persuader qu'une telle conquête entraînerait par tout TOrient d'innombrables adhésions à la politique impériale. Fort courtoisement, les deux souverains écrivirent donc h Sévère pour le prier de venir à Constantinople ; mais le patriarche, n'espérant rien de cette tentative d'arrangement, se déroba, et alléguant son grand âge, sa faiblesse, ses cheveux blancs, a qui, disait-il, lui annonçaient sa mort prochaine », il persista à demeurera Alexandrie. Théodora ne se découragea point. A défaut
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de Sévère, ses disciples furent invités à se réunir en conférence avec les orthodoxes, « pour rétablir Tunité », et, en effet, un colloque eut lieu à Byzance. Le mot d'ordre, très caractéristique, était de témoigner aux dissidents une douceur parfaite, une inaltérable patience. Le ministre du basileus qui dirigeait les débat's parla abondamment de ce la tendresse de père » qui remplissait le cœur de l'empereur ; Justinien, qui présida lui-même la séance de clôture, manifesta hautement un semblable désir de conciliation. Pourtant, malgré ces bonnes dispositions, on ne put s'entendre, au grand chagrin de Théodora. Mais c'était déjà un grand point de gagné, d'avoir fait succéder tant de bonne volonté à l'ardeur persécutrice d'autrefois.
Entre temps, grâce au nouveau régime de tolérance, les monophysites regagnaient le terrain perdu. En Asie, Jean de Telia, l'un des plus illustres prédicateurs de la secte, commençait, malgré l'hésitation des autres évèques du parti, une active propagande. Réunissant autour de lui de petits groupes de fidèles, patiemment il les instruisait, il leur faisait lire les Ecritures, chanter les psaumes, et il les recevait dans la foi. Vainement on le dénonçait aux autorités, on le menaçait de mort. Courageusement,
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rassemblait en secret, la nuit, ses partisans autour de lui. Pauvrement vêtu, couvert d'ornements sacerdotaux tout déchirés, il n'en faisait pas moins sur ses auditeurs une impression profonde ; toujours en chemin, tantôt h Alexandrie, tantôt à Constantinople, il convertissait, ordonnait des prêtres, remplissait toute l'Asie de ses émissaires. On dit qu'en quelques années il ramena à la doctrine monophysite près de cent soixante-dix mille personnes.
Dans la capitale, grâce à la protection déclarée de l'impératrice, Tactivlté des dissidents était plus grande encore. De l'Orient tout entier, leurs plus illustres docteurs accouraient à Byzance, Pierre, l'ancien évèque d'Apamée, le moine Zooras, bien d'autres encore. Sévère luimême, malgré ses hésitations, avait fini par se décider, devant l'insistance de la basilissa, devant les reproches aussi de ses coreligionnaires, qui blâmaient son apparente inaction. « Ne vous y trompez point, leur avait dit le saint homme ; jamais avec l'empereur actuel nous ne rétablirons la paix. Cependant, je monterai à Constantinople, pour ne point paraître un obstacle à vos espérances ; mais je reviendrai sans avoir rien obtenu. » Les faits semblèrent d'abord démentir ses appréhensipns. Reçu en grande pompe
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par le basileus, logé au palais même par Tamltié de Théôdora, très écouté par les souverains, Sévère ne tarda pas h exercer sur les affaires religieuses une influence toute-puissante.
Maintenant, les monophysites semblaient vraiment les maîtres de la capitale. Surs de la faveur de Timpératrice, hardim.ent ils déclaraient la guerre aux orthodoxes, opposant autels h autels et baptistères à baptistères. Malgré les défenses formelles de la loi, ils tenaient des conciliabules, prêchaient dans les églises, dans les maisons particulières, dans la ville et dans les faubourgs, faisaient du scandale dans les temples orthodoxes : comme on les savait bien en cour, nul ne s'opposait à leurs agissements. Dans le couvent qu'il avait bâti sur un terrain donné par l'impératrice, Zooras édifiait tout le monde par sa foi, son humilité, sa charité ; chaque jour, pour participer aux aumônes cju'il distribuait, les pauvres se pressaient par centaines à la porte de son monastère ; et voyant son crédit au palais, et comment il décidait des affaires les plus graves, les gens du monde, sénateurs et courtisans, ne s'empressaient pas moins h lui marquer leur dévouement. Les femmes surtout étaient pleines d'enthousiasme pour les prédicateurs syriens. A la vérité les
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adversaires des moiiophysites leur reprochaient d'avoir pour leurs pénitentes de singulières indulgences, et de les recruter volontiers parmi des courtisanes, des danseuses, des créatures perdues de vices, de luxure et d'adultère. En tout cas, leur popularité parmi les femmes était considérable, et par elles ils obtenaient de prodiofieux succès. Grâce aux intellioences aussi qu'ils avaient à la cour, grâce à la protection non déguisée de certains grands personnages du palais, ils faisaient d'incessants progrès, surtout dans les hautes classes de la société. On leur amenait par centaines des entants à bapti- «er, et jusque dans l'entourage de Justinien, des chambellans, des sénateurs se faisaient gloire de mener dans le monde Taustère et rude existence des solitaires syriens. Pour atteindre au degré de leur sainteté, le grand chambellan Théodore distribuait toute sa fortune en aumônes, heureux de se réduire à la pauvreté : le comte Tribonius, ses devoirs h la cour remplis, se retirait dans une cellule, et partageait son temps entre la prière et le soin des misérables ; et les gens du palais s'efforçaient d'imiter ces hommes pieux, espérant mériter à la fois la bienveillance du maître et assurer leur salut éternel.
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Sur CCS cntrctaites, le patriarche de Constantinople. Epiphane^ vint à mourir. Ce lut pour les dissidents l'occasion d'un autre triomphe. Dans le couvent que Timpératrice avait fondé au palais d Hormisdas, vivait -un saint homme, qui s'appelait Anthime. Il avait été évèque de Trébizonde, et les monophysites Testimaient fort pour sa doctrine, ses momrs, son mépris des choses du monde, pour le courage surtout avec lequel (( il s'était déoaoé des liens du mensonoe et avait prêché la vraie foi ». Secrètement acquis h la cause des hérétiques, il fut, avec Tappui de Théodora, élevé au trône patriarcal, et il ne tarda pas à subir fortement rinfluence de Sévère et il solliciter les conseils d'un homme en qui il vovaitun des o-rands docteurs de rEolîse.
Vers le même temps, Timothée. le patriarche d'Alexandrie, mourait. Théodora, qui avait fort aimé cet ardent défenseur de la doctrine monophysite, voulut lui donner un successeur selon son cœur. Entre l'intransigeant Gaïanos, que soutenait l'armée ianatique des moines, et Théodose, elle choisit ce dernier, plus maniable et plus souple ; et comme le parti des exaltés s'obstinait h vouloir Gaïanos, elle agit, selon son habitude, vigoureusement. C'était Tusage à Alexandrie que le patriarche défunt fut veillé sur
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son lit funèbre par son futur successeur qui, prenant la main droite du mort, se la posait sur la tète, et puis, lui enlevant le pallium de saint Marc, se le passait autour du cou. Malgré l'appui des autorités et la présence d uu émissaire de Théodora. les amis de Gaïanos avaient réussi à empêcher Théodose d'accomplir ce rite de la transmission des pouvoirs. Pour installer le protégé de l'impératrice , il fallut faire donner les troupes, déléguer en Egypte un commissaire extraordinaire, Teunuque Xarsès, chambellan et familier de TAugusta. On se battit dans les rues pendant plusieurs jours, les femmes elles-mêmes, du haut des toits, prenant part à la bataille : à la tin, pour apaiser rémeute, on eut recours à l'incendie. A ce prix, force resta au gouvernement et Théodose monta sur le siège patriarcal.
Par l'intermédiaire de Sévère, Anthime de Constantinople s'empressa d entrer en relation avec le nouvel évèque d'Alexandrie, et ouvertement, sous le patronage de la basilissa et avec la complicité de l'empereur, les trois patriarches poursuivirent, « dans l'intérêt de la paix », comme ils disaient^ une politique l'avorable aux nionophysites. Vainement les moines orthodoxes, gardiens fidèles de la foi catholique, dénonçaient dans des lettres cnlliuiiméos l'attitude et lespro-
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grès des hérétiques ; vainement ils représentaient Sévère comme un païen, serviteur des démons et suspect de pratiques magiques, Pierre d'Apamée comme un débauché, « ayant pour dieu son ventre », et se permettant avec des femmes impudiques de licencieuses familiarités, Zooras comme un fou, Anthime comme un hypocrite. L'empereur faisait la sourde oreille, et au grand scandale des catholiques, l'œuvre de corruption — comme ils disaient — faisait des progrès effrayants.
Malheureusement pour les projets de Théodora, un adversaire imprévu arriva à ce moment à Byzance. C'était le pape Agapit. Envoyé en ambassade à Justinien par le roi des Goths Théodat, et fort honorablement reçu par la cour, il n'avait pas tardé à se préoccuper de la question religieuse, et résolument il avait refusé d'entrer en relation avec l'hérétique Anthime. Vainement Tempereur s'était fâché : (c Sois de mon avis, disait-il au pape, ou je t'exile » ; vainement ïhéodora, plus habile, avait supplié, et par de grandes promesses d'argent, tenté de séduire le pontife. Soutenu par toute l'orthodoxie, Agapit n'avait rien voulu entendre. Et pris entre sa femme et le souverain pontife, le basileus était fort embarrassé, d'autant que, s'il en faut croire
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la légende, Dieu môme se prononçait ouvertement en faveur des monophysites.
Outre la destitution du patriarche, Agapit demandait Texpulsion de Zooras. Justinien avait beau lui faire observer que le moine était un homme terrible, qui ne craignait personne, le pape voulut à toute force faire comparaître devant lui le Syrien, pour l'obliger h se soumettre. Quand Tenvoyé pontifical se présenta au couvent du bienheureux, il trouva les portes closes, et Zooras fit répondre que c'était Tépoque du grand jeune et que la loi divine interdisait de traiter en ce moment n'importe quelle affain», fut-ce avec Tempereur. « Je n'ai rien de plus à vous dire, ajouta-t-il ; si vous voulez employer la force, c'est votre affaire. » Déconfit, le maudataire revint au palais. L'empereur furieux ordonna alors au maître des offices lui-même d'aller, avec un détachement de soldats de la garde, arrêter le bienheureux. Mais au moment où le ministre s'embarquait pour passer la Corne d'Or et gagner le faubourg de Sykiai, un brusque coup de vent rejette son navire au rivage. II repart ; au moment de débarquer sur l'autre bord, un fantôme gigantesque se dresse et repousse d'un coup de pied le vaisseau au milieu des flots. Exaspéré, le maître des offices injurie
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les matelots ; ils forcent de rames, tout à coup la fondre tombe sur le bâtiment et fait sauter le pont d'un bout à l'autre. On comprit alors que Dieu même combattait pour Zooras, et s'enfuyant en toute bâte, les mandataires de Jnstinien allèrent apporter la nouvelle au basileus stupéfait.
La Providence mit moins de zèle à défendre Antilime. L'empereur, après une courte résistance, le sacrifia aux exigences du représentant autorisé de Torthodoxie. Le patriarcbe fut déposé, et à sa place Agapit cônsacra le prêtre Ménas.
C'était un beau succès. Le pape n'en jouit guère. Moins d'un mois après, il mourait subitement. Selon l'usage des partis, les catholiques prétendirent qu'il était tombé victime des incantations magi(|ues de ses adversaires ; les monopliysites se réjouirent de sa mort comme d'un juste châtiment de Dieu. Et reprenant courage, toujours surs de l'appui de Théodora, ils recommencèrent leur propagande avec une fougueuse ardeur. Publiquement, à la fête de Pâques, Zooras ne craignit point de donner le baptême à un grand nombre d'enfants appartenant aux premières familles de la cour ; et dans leur exaltation, les dissidents allèrent jusqu'à insulter ouvertement l'empereur même, qu'ils accusaient de les avoir trahis. Un énergumène, Isaac le
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Perse, osa frapper de son bâton une image impériale et lui crever les yeux. L'elVcrvescence était grande dans la capitale, et on pouvait redouter que les partis n'en vinssent aux mains.
Dans cette crise, Menas, le nouveau patriarche, fit preuve de décision. Au mois de mai de • Tannée 536, dans Téglisc de la Vierge voisine de Sainte-Sophie, un concile se rassembla sous sa présidence pour poursuivre Texccution des sentences d'Agapit. Pendant plusieurs jours, devant les évôques assembles, défilèrent les chefs et les représentants des monastères orthodoxes de la capitale, des saintes communautés de la Syrie, de la Palestine et du Sinaï. Pendant plusieurs jours, on donna lecture aux Pères des suppliques par lesquelles, avec preuves à l'appui, ces gardiens austères de la foi catholique dénonçaient ^lu pape ou à remper(nir Anthiine et Sévère, Zooras et Pierre d'Apaméc. Seuls, l<;s accusés faisaient défaut. Pendant trois jours, les mandataires du concile cherchèrent Anthimc par tout Conslantinople ; ils se présentèrent tour il tour à Sainte-Sophie et au patriarcat, aux églises où le prélat aurait pu chercher asile, au couvent de Saint-Serge où l'on soupçonnait ses partisans de le cacher, et jusque dans le Palais Sacré même, à l'oratoire de Saint - Michel -
Archange, où on disait qu'on Tavait aperçu. Partout ils trouvèrent des portes closes, ou des gens prêts à jurer qu'ils avaient vu le patriarche, mais qu'ils ne savaient point ce qu'il était devenu. Et fort empêchés, les émissaires du concile interrogeaient jusqu'aux enfants des rues, pour avoir des nouvelles de Tintrouvable accusé.
Théodora aurait pu renseigner les évèques. Par ses soins, Anthime avait trouvé une sure et discrète retraite dans le gynécée même du palais impérial ; par sa protection aussi, les autres accusés purent également s'abstenir de comparaître. Le synode ne s'arrêta pas pour si peu; en bonne forme, il anathématisa Antl.ime, Sévère Pierre d'Apamée, Zooras, condamna leurs écrits, déclara leurs personnes déchues de toutes dignités ecclésiastiques, raya leurs noms du nombre des catholiques. Après quoi, leur œuvre achevée, les Pères psalmodièrent, avant de se séparer, les acclamations rituelles: « Longues années à Tempereur ! longues années au patriarche ! Anathème sur Pierre, sur Zooras, sur Sévère, anathème sur les ennemis de Dieu ! Nous avons un empereur chrétien : pourquoi craindre ? Renversons la tanière de Zooras ! au feu les cavernes des hérétiques! sus aux monastères de Pierre ! Nous avons un empereur orthodoxe :
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pourquoi cnnndrc ? Anathème à Scvcrc, ii Pierre, h Zooms ! La foi des chrétiens triomphe. »
Trois mois plus lard, Juslinien, pleinement revenu ii l'orthodoxie et docilement soumis à rinfluence du nonce pontiHcal Pelage, sanctionnait par une ordonnance impériale les sentences du concile. Défense était faite ii Anthime, ii Sévère et à leurs partisans de séjourner à Constantinople ou dans toute autre grande ville de l'empire ; défense était faite ii tous de les recevoir et de leur donner asile, sous peine de con fiscation. Leurs livres furent proscrits, et interdiction fut faite d'en prendre des copies, sous |)eine d'avoir la main coupée ; la prédication leur fut interdite, et de même l'administration du baptême et d<; la communion. Ainsi Justin ien se fhittait do rétablir la paix dans l'Eglise et d'assurer la prospérité d(î l'Etat.
Théodora avait trop prc'rsumé d(; ses forces et de son influence sur l'empereur; contre le pape et l'orthodoxie, ses efforts s'étaient brisés. Tout ce qu'elle put fairxî, fut de sauver ses amis. On sait comment elle cacha Anthime. De même elle fournit à Sévère les moyens de fuir, et le patriarche d'Antioche put aller en Egypte achever paisiblement sa longue et hiborieuse carrière. Zooras fut exilé en riuace, et devant hi persé-
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cution menaçante, tous ceux, clercs, moines, éculiers, qu'avait attirés en foule à Byzance Tespoir de la victoire, se dispersèrent, désespérés, justement inquiets de Favenir. Bientôt, en effet, en Svrie, de nouveaux bûchers s'allumèrent et, sous Téneroique impulsion d'Ephrem,re patriarche d'Antioche, et de ses évèques, avec le concours empressé de Tautorité séculière, les monastères furent fermés, les prédicateurs emprisonnés ou mis a mort, le peuple des fidèles monophysites réduit à la misère. L'Egypte ellemême fut atteinte par la réaction. Le patriarche Théodose, l'ami d'Anthime et de Sévère, fut mandé à Constantinople, invité à se démettre, exilé en Thrace avec son clergé, remplacé à Alexandrie par un prélat capable de faire, fût-ce par la terreur, plier toutes les résistances. En peu de temps, dans Tempire tout entier, on ne compta plus que trois sièges épiscopaux occupés par des dissidents.
Théodora n'était point femme à rester sur cet échec. Elle avait dû céder devant les circonstances, assister impuissante à la ruine de ses amis et ati triomphe de la papauté : avec une auda- <^ieu»^^ souple habileté elle chercha sa revanche, pendant que le concile de 536 fulminait de stériles anathèmes, elle profitait de la mort
iM)!.rnQiJK l'/r Tin':oLOf;iK 2(>7
d'Agapit pour chercher u mettre sur le trùne pontifical un pape de son choix. Pendant f|iie, sous rinfluence (hi nonco vomain Pélaj^f^, hi dernière citadelle des inonophysites, l'Ji^ypte, semblait réduite a mei'ci, à Constantinople, au palais impérial même, patiemment Timpéralrice pr^'paiait la restauralion de l'I^i^lise persécutée.