LE PAPE ET T/IMPÉHATRÏCE
sive. Une formidable armée assiégeait Rome ; pour la défendre, Bélisaire avait cinq mille hommes à peine, retranchés derrière des remparts mal réparés, au milieu d'une population mécontente, qui souffrait impatiemment les horreurs du siège, et sur laquelle soufflait parfois un vent de trahison . Quand on lui apporta donc de prétendues lettres du pape, par lesquelles le pontife offrait de livrer au roi des Goths la porte Asinaria, voisine de sa résidence du Latran, le patrice, d'abord, en fut quelque peu ému ; mais il s'aperçut vite que ces pièces h conviction avaient été impudemment forgées, et, touché de sympathie pour la victime, il tenta secrètement, d'accord avec Antonine, un dernier effort auprès de Silvère. Il lui insinua de faire lui-même à Théodora les concessions qu'elle attendait de la bonne volonté de Vigile et d'échapper ainsi au sort qui le menaçait. Courageusement, se souvenant qu'il était le gardien de l'orthodoxie, Silvère refusa. Les événements allaient suivre leur cours.
Pour démentir les bruits de trahison qui couraient sur. son compte, Silvère avait quitté le palais du Latran, et il s'était retiré loin des murs, sur l'Aventin, dans le voisinage de l'église de Sainte-Sabine. C'est là que Bélisaire l'envoya chcrclier, lui Ausant jurer par son beau-
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fils Photins que rien de fâcheux iie lui arriverait. Malgré les craintes de son entourage, qui se défiait des serments des Grecs, Silvère se rendît au palais du Pincio et en effet, cette première entrevue se termina sans violences. Au dernier moment Bélisaire avait hésité. Mais^ peu de jours après, derechef le pape fut mandé auprès du général. Cette fois le pontife, inquiet, refusa d'abord de quitter Téglise qui lui servait d'asile ; il se décida enfin et, avec une suite nombreuse, il partit, recommandant sa cause à Dieu. Aussitôt arrivé au palais du patrice, Silvère fut séparé de ses compagnons qu'on retint dans les antichambres ; seul avec Vigile, il fut introduit dans les appartements intimes. Un étrange spectacle l'y attendait. Sur un lit de repos, Antonine nonchalamment couchée, semblait une souveraine recevant un sujet; à ses pieds Bélisaire, amoureusement assis, paraissait un serviteur docile de toutes ses volontés. « Eh bien ! seigneur pape, s'exclama la femme du patrice^ que vous avonsnous donc fait, nous et les Romains, pour que vous vouliez nous livrer aux Goths ? » Ce qui se dit ensuite, on l'ignore; ce qui se fit est certain. Dépouillé de ses ornements sacerdotaux, le pape fut revêtu d'un habit de moine; puis un serviteur de Bélisaire alla dire aux clercs restés dans
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rantichambrc : (c Le seignoiir pnpo est déposé et fait moine. » An milieu de la consternation générale, Vigile, dès le lendemain, fut élu pape, sous la pression de l'autorité byzantine. C'était le 29 mars 537.
Le malheureux Silvère, expédié par Bc'disaire en Lycic, ne devait jamais revoir la ville étei'nelle. Un instant, Justinlen, épouvanlé de la grandeur du forfait accompli contre le pontife, avait songé ii lui faire faire un procès régulier et à le rétablir sur son siège, s'il était reconnu innocent. Mal^fré Théodora, il avait ordonné de le renvoyer à Rome, et Vigile fort in([uiet se ihiluandait déjà ce qui allait advenir. Heureiiscîment Antonine était là; toujours d^'^sireuse de plaire ;i l'impératrice, elle (bUermina Rfdisaire i\ livi'f^r aux émissaires de Vigile son infortuné prédécesseur, lleb'gué dans l'île de Palmaria, réduit (( au pain de la tribidation et ii l'eau d(î l'angoisse », Silvère moui'ut peu apiès, victime innocent(i des ambitions de Vigile, des intrio-ues d'Antonine f'I de la politique de Théodora.
f/impératrice semblait avoir réussi : elle avait fait un pape l\ sa dévotion. Mais, une fois instalh», Vigile chang(ia d'attitude. Maigret les conseils d'Antonine, maigre; les som mal ions de; l)(disaire, il (chercha à louvoyer et ii différer l'ac-conipl isse-
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ment de ses promesses. Ses ennemis disent bien qu'il finit par céder et qu'il adressa aux grands chefs du monophysisme, Théodose, Anthime et Sévère, une lettre où il adhérait pleinement à leur doctrine ; mais le document est d'une authenticité bien suspecte, et les professions de foi officielles que le pape adressa à l'empereur et au patriarche Ménas sont au contraire d'une rigoureuse orthodoxie. Aussi bien les circonstances lui fournirent-elles à souhait des prétextes pour ne point s'exécuter. L'Italie, dévastée par la guerre, était dans une situation trop critique pour que le pape ne fut point excusable d'oublier un peu les questions religieuses ; rattachement de rOccident au concile de Chalcédoine et îi la tradition de saint Léon justifiait d'autre part les ménagements que gardait le pontife. Tliéodora elle-même semble avoir compris le danger qu'il y aurait à brusquer les choses, et confiante en Vigile, elle attendit, patiemment d'abord, que le moment lui fût propice pour remplir ses promesses. Quant a Justinien, très soumis alors à l'influence du nonce Pélage, grand ami du pape, il n'avait nul désir de favoriser les monophysites. Vigile put donc, sans trop de peine, demeurer, sans se brouiller avec Théodora, fidèle ii l'orthodoxie romaine. En
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somme, malgré les intrigues de rimpératriee, la tentative pour mettre la main sur le siège apostolique avait pleinement ('clioué.
Théodora pourtant n'élait point femme à se laisser jouer impunément : elle le prouvait en ce moment même. Elle avait eu jadis pour favori un certain Arsenios, homme assez taré, et par surcroît apparteuanl à la scîcto hércti([uc des samaritains ; elle l'avait fait riche, sénateur, illustre ; au moment dc^ la i évolte des samarilaius en Palestine, elle avait mrme accueilli volontiers ses suggestions (X)ntre les clir(îtiens. Mais depuis lors, A rsenios avait changé départi ; il s'était converti au cluistianisme, avilit reçu le l)a[)téme d(îs mains do saint Sahas, et il apportait un '/rU\ de néo[)hyte à défendre ses nouv(*lles cj'oyances. A Ah^xandrie, où il s'était retiré, il ptïiisait plaire ii l'empereur en favorisant d(; toutes ses lorces la ic^acîtion chalcédonienne cpi'avait inaugur(3(î, avec l'appui du gouv(îrnement, h; |)atriarche Paul, suc(î(îsseur (h) rh(';o(h)se. Théodora lui gardait naturellenient j ancune de cett(i d(W'e('tioji : elle h^ lui (it bien voii'. L'opj)osition mono[)hysite se l eformait conslammenl en l'^gypt<î, et sans cess(î hi patriar(!he était ol)lig(? d(î sévii'. Arseinos ht (hi zèle ; il délerniina lUiodon, le [)i'éfet augustal, u faii eexé-
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ciiter sans jugement un des adversaires du métropolitain. L'acte était illégal ; les raffinements de cruauté qui Tavaient accompagné en augmentèrent riiorreur. Avec empressement l'impératrice saisit l'occasion de se venger. Arsenios et Rliodon furent arrêtés, jugés, exécutés; leurs biens furent confisqués. Le patriarche Paul, malgré ses dénégations, fut impliqué comme complice dans raflaire et déposé au synode de (laza. La basilissa pouvait être iière de son œuvre : du même coup elle avait fait destituer un prélat odieux aux monophysites, montré par un éclatant exemple quel péril il y avait pour les fonctionnaires à servir trop docilement, même sur l'ordre de l'euipereur, les intérêts de l'orthodoxie, puni enfin un ancien ami devenu un traître. Vigile allait s'apercevoir de même de la ténacité de ses haines et combien il était imprudent de tromper les espérances de Théodora.
C'était le temps où, parles soins delà basilissa, I Kglise monophysite commençait à se reconstituer ; et déjà les prélats de cour, pour plaire à la souveraine, s'appliquaient à chercher un terrain d'entente avec les dissidents. L'un d'euX;, Théodore Askidas, évêque de Césarée, eut la bonne fortune de dénicher, parmi les textes approuvés au concile de Chalcédoine, trois opuscules,
((. trois (•lun)ilrcs », coniine on clisail, noloircinciil ciilncfiés d'hcrésic iiestoiicMiiic et dont les îUitours ctîneiit fort odieux aux ni()iio])liyslt<'s. Très llej' de cette découvertes, par la(|ueli(; il espérait jouer un hou toui' l\ son rival d'in Ilucnce;, 1(î nonce romain ]Njlai>(s, il (sn avisa .lustinien et llattant la niani(.' tli('M>lo<^I(pi(; de r('ni[)ereiir, il le su])[)lia d'exaniinei' Tairaire. Il lui i'e[)i('S('nta (;n outre qu'il y avait lii un inoy(!n, aisé et oithodoxe tout ensenilde, de (lissi|)er les (l(îlian(*es des nionopli vsi les, et ([ue le con('il(V a icnouvelé et é|)Ui'(' » serait sans diKiculté accepté de tous, .lustinien <[ui, sous rinduencc de Ihéodora, revenait alors à la politi([ue de conciliation, sr. laissa séduire; les dissidents, (Micliantés (1(; voir compromettrez l'œuvre de saint l.é'on, poussaient tous, même les [)lus intra nsi<^ean ts, ii la nou- N.'lle formule d'union. F. a ([uerelle des Trois (Jia|)itr('S commença.
(^est ici ([U(i 'riuiodora. retrouvait Vigile. Le |)a[)C (ut invit(''- ii donner son adhésion i\ par lecpiel remp(îr(m 1- avait [)rononcé la couda mnation des textes incrimiiKîs, et pour l'y diîcid(îr, assez hrutalement Juslmien employa la force. Le 22 novembre Via, comme le ]>ap(; c(d(d)rait la messes dans la l>;isili([ue de Sainto (^•cil(î au rraiislevère, hrusejuement l'église lui
LA rnï-S PIEUSE THÉODOHA
cernée par les soldats. Le secrétaire impérial à qui obéissait le détachement entra dans le sanctuaire et signifia au pontife qu'il eut h le suivre sans retard. Avant que l'assistance eût pu se reconnaître. Vigile était arrêté et prestement embarqué sur un navire stationné sur le Tibre tout proche. Pendant ce temps la foule grossissait sur la rive. Les fidèles qui avaient suivi le pape poussaient des gémissements et réclamaient à grands cris la bénédiction. Du pont du navire, Vigile prononça sur eux la prière, et pieusement le peuple entier lui répondit : « Amen. » Cependant le fonctionnaire impérial pressait l'appareillage, et bientôt le vaisseau se mit à descendre le fleuve. Alors ce fut un autre concert : la multitude, parmi laquelle beaucoup de gens détestaient le pontife, se mit à le huer, pendant qu'une grcle de projectiles, pierres, bâtons, s'abattaient sur le navire, a Mort sur toi, criait le peuple, malheur à toi ! Tu as (ais du mal aux Romains : puisses-tu trouver du mal là où tuvas. )) Enfin le navire, poussé parle courant, se trouva hors de portée de ces forcenés ; Vigile put gagner Porto et de là s'embarquer pour Syracuse.
L'imagination populaire fit, dans ce coup de théâtre, une large part à Théodora. On raconte
LE PAI'E RT L IMPÉH ATHÏCE .'^0 f
que c'est elle ([ui ordoniin cet onlèvemcnt : c( Sauf clans la basilique de Saint-Pierre, avaitelle écrit à son émissaire, arrête Vigile partout oii tu le trouveras et amène-le-nous. Sinon, par le Dieu vivant, je te fais écorcher. » Quoi qu'il en soit de ces commérages, il semble bien que le pape, craignant sans doute la vengeance de la souveraine dont il avait tialii les esjiérances, peu désireux aussi de s'engager dans « le guêpier théologique » des Trois Chapitres, mit fort pieu d'empressement à se présenter à Constantinople. Il n'y arriva que qxiatorze mois plus tard> le 25 janvier 547 ; mais comme il avait eu entre temps le loisir de réfléchir et de reprendre courage, comme il se sentait soutenu maintenant par l'opposition de tout l'Occident, il y apporta des sentiments très difTérents de ceux que la cour attendait. Comme jadis Agapit vis-à-vis d'Anthime, il refusa d'entrer en rapport avec^ le patriarche Ménas, et brutalement il l'excommunia avec ses adhérents. Mais bientôt il faiblit : gêne par le souvenir de ses engagements d'autrefois, cédant aux obsessions du basileus, ii l'énergique volonté de Théodora, flatté aussi des politesses que lui faisaient les théologiens de la cour byzantine, il admit la possibilité d'anathématiser les Trois Chapitres. Dès le mois de juin,
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pour complaire à l'impératrice, il se réconciliait avec le patriarche ; peu après il fit un pas de plus. On lui prouva qu'il pourrait, sans toucher au concile, condamner les trois chapitres ; et bientôt il ne fût plus aussi sur d'avoir raison. Sans doute, malgré les menaces, il refusa obstinément de souscrire à l'édit impérial, estimant que le successeur de saint Pierre ne pouvait borner son rôle à ratifier simplement les décisions de l'empereur en matière de foi ; mais il s'engagea formellement, en présence du basileus et de ses ministres, a condamner les trois chapitres et, comme gage de sa promesse, il remit à Justinien et à Théodora deux déclarations expresses revêtues de sa signature. Et tout fier d'avoir résolu toutes les difficultés de la situation, s'enthousiasmant à la pensée dé juger une si grande cause, se flattant de rendre par sa sagesse la paix à l'Eglise, brutalement il ferma la bouche à ceux de ses conseillers qui protestaient, et la veille de Pâques de l'année 548, il publia sa sentence. Tout en réservant formellement l'autorité du concile de Chalcédoine, il condamnait non moins nettement les personnes elles écrits des, trois docteurs incriminés. Co fut le dernier triomphe de Théodora. A la veille de mourir, elle put, vovant l'humiliation du pape
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et les progrès croissants de l'Eglise monophysitc, croire qu'elle avait venge son échec de 53G, puni les trahisons de Vigile, et fait réussir à force de tenace énergie la politique religieuse qu^elle avait rêvée.
I/Eglise n'a pardonné à Théodora ni la brutale déposition de Silvère, ni la fidélité obstinée qu'elle garda au monophysisnic, ni la violence autoritaire qu'elle mit à satisfaire ses rancunes contre |Jes personnes ecclésiasti(jues, et dont Vigile, en particulier, fit la dure expérience. On lui a même — en vertu du vieil axiome, qu'on ne prête qu'aux riches — attribué complaisamment, outre ce qu'elle fjt, toutes sortes de choses dont en bonne justice elle ne saurait être rendue responsable, par exemple les durs traitements qui furent infligés à Vigile, et qui sont incontestablement postérieurs li la mort de Théodora. IJr* siècle en siècle, les historiens ecclésiastiques ont couvert son nom de malédictions et d'injures, et il y a quelque chose de presque ridicule dans l'îinimosité avec laquelle certains d'entre eux dénoncent, dans la femme de Justin ien, a une seconde Kve trop docile au serpent, une nouvelle Dalila, une au l i e Ilérodiade altérée du s.'ing des saints, une citoyenne de l'enfer, agitée de l'esprit de Salan, pi(piée de la mouche du diable,
LA TRÈS PIKtSE THKODORA
acharnée l\ rompre la concorde achetée parle sang des confesseurs et des martyrs ». Théodora vaut d'être jugée autrement que par ce flot de vaines paroles. Sans doute elle mit à servir ses desseins trop d'ardeur passionnée, trop de violence autoritaire, trop de rancunes obstinées et implacables, trop de froide cruauté parfois; elle V apporta aussi des qualités éminentes, une fermeté virile, un sentiment très vif des nécessités du gouvernement, une intelligence lii^de et puissante d'homme d'Etat. Elle fut constante en ses desseins, fidèle à ses amis, et la politique complexe qu'elle imposa h Justinien en matière reliû^ieuse était, malo^ré ses hésitations et ses revirements, assez digne, tout compte fait, d'un empereur.
LA MORT Di: TIIKODOHA
Le 29 juin 548, Théodora mourut d'un cancci'. après une assez longue maladie.
Pour rendre les suprêmes devoirs à rimpératriee morte, une dernière fois, la foule des eourlisans et des dignitaires se rassembla autoui d'elle dans les salles du Palais Saeré. Dans le triclinium des dix-neuf lits, on avait, eonformé ment au cérémonial, exposé le cadavre embaumé de la souveraine. Sur le lit de parade tout en or, elle reposait vêtue de pourpre, couronnée du diadème, les pieds chaussés de rouges brode- (jinns ; sur son visage découvert, la movl n'avait pas encore mis sa marque ; un peu plus pâle eulement qu'à l'ordinaire, elle semblait dormir
paisiblement. Autour du haut catafalque, sur lequel étincelaient les joyaux les plus précieux de la couronne, brûlaient, posés sur des colonnes, des milliers de torchères d'argent et d'or; lentement, dans l'air épaissi, montaient parmi le flamboiement des cierges les vapeurs de l'encens d'Arabie, le lourd parfum des plantes balsamiques ; au pied de la couche funèbre, les eunuques, les cubiculaires, les femmes de la maison impériale pleuraient lugubrement.
Une dernière fois, devant la souveraine morte, tout B\ zance défila en une procession solennelle. Le patriarche Ménas, suivi de l'innombrable clergé de la Grande Eglise ; le pape Vigile, accompagné des évèques et des moines ; puis le sénat en habit d'apparat, les patrices, les magistrats, les grands chefs militaires, la foule des dignitaires du palais et de l'administration ; puis la longue théorie des femmes, patriciennes k ceinture et magistrissœ, épouses des préfets, des consuls, des questeurs, des comtes des scholesetdes excubiteurs, dames de la cour et servantes de la chambre, tous vinrent successivement, à l'appel du préposite, rendre un suprême hommage à la basilissa. A la fin du long cortège, s'avançaient les princes de la famille impériale, et Justinien lui-même, tout en larmes, accablé de