‹ Théodora, impératrice de ByzanceChapitre 5 sur 28 · LE PALAIS SACRÉ DE BYZANCE · texte numérisé non relu

LE PALAIS SACRÉ DE BYZANCE

A l'ouest de Sainte-Sophie, entre l'Hippodrome et la mer, sur le sommet et les pentes de la colline qui s'abaisse jusqu'au rivage de Marmara, s'élevait au sixième siècle le palais des empereurs de Byzance. Ce n'était point, comme nos modernes résidences royales, un édifice plus ou moins somptueux, développant sur quelque place publique les lignes symétriques d'une pompeuse façade ; comme le Vieux Sérail des sultans ottomans, comme le Kremlin des tsars moscovites, le

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palais des basileis byzantins comprenait dans sa vaste enceinte une multitude de constructions, diverses, des salles de réception et des églises^ des bains et des hippodromes, des couvents et des casernes, des appartements d'apparat et des pièces d'habitation privée, de hautes terrasses découvertes d'où la vue s'étendait au loin sur la mer et la cote d'Asie, tout un ensemble de bâtiments magnifiques, mais isolés en quelque manière Tun de l'autre et entre lesquels s'étendaient des cours dallées de marbre, de longues galeries, des escaliers montant et descendant, et aussi des bois de citronniers et de grands jardins fleuris qui s'inclinaient presque jusqu'au bord des flots. C'était, dans la capitale, comme une ville à part, pittoresque et mystérieuse, cachant dans l'ombre des arbres verts ses palais aux coupoles dorées, ses pavillons et ses kiosques, sévèrement close aux bruits et aux regards indiscrets du dehors, asile splendide et impénétrable où s'abritaient les fastueux loisirs, les cérémonies incomparables, les intrigues compliquées qui constituaient la vie de cour d'un empereur byzantin.

Rien n'égalait la richesse, l'élégance, le luxe éclatant du Palais Sacré. Derrière la lourde porte de bronze qui s'ouvrait sur la place de l'Augustéon, le vestibule de la Chalcé, tel que Justiuien

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