LIL PALAIS SACRÉ DE BYZANCE
excitent radniiration, rachetaient la pente naturelle du terrain et supportaient le somptueux édifice. Là se trouvaient installés, au rez-dechaussée, les nombreux services de la maison impériale : au premier, des salons d'apparat ouvraient sur de longues galeries décorées de statues, d'oii Tceil découvrait le merveilleux tableau des jardins et de la mer. Plus loin enfin, plus complètement isolés encore dans la solitude et la fraîcheur des grands arbres, se trouvaient les appartements privés des souverains, le gynécée mystérieux, peuplé de femmes et d'eunuques, où se cachait la vie intime de Timpératrice. Là se nouaient les intrigues compliquées de Tamour et de la politique, là se jouaient dans l'ombre d'obscures et étranges aventures, et l'empereur lui-même bien souvent ignorait ce qui s'y passait. Lorsque les Pères du concile de 536 déposèrent, comme suspect d'hérésie, Anthime, patriarche de Constantinople, et que Justinien menaçait de sa colère le prélat excommunié, c'est là que Théodora, pour soustraire son protégé à ses persécuteurs, ne craignit pas de lui donner asile. Pendant douze ans, Anthime vécut au palais, ignoré de tous, sauf des deux chambellans que la souveraine avait préposés à son service : tout le monde, et Justitiien lui-même, le
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croyait mort ou relégué en quelque lointain exil ; et la stupeur fut universelle quand, à la mort de rimpératrice, on découvrit que le bienheureux avait pieusement vécu, tout entier à ses austérités et l\ ses prières, dans la tranquille et siire retraite du gynécée impérial.
Puis c'étaient, dans le Palais Sacré, d'innombrables chapelles et oratoires, où la dévote piété des Byzantins vénérait des saints les plus célèbres de l orthodoxie ; c'étaient d'autres palais encore, tel que celui de la Magnaure, que Justinien avait restaure avec son ordinaire maanificence ; c'étaient des portiques, des galeries, qui mettaient la résidence en communication, d'une part avec Sainte-Sophie, de l'autre avec la somptueuse tribune du Katliisma, d'où la cour assistait aux jeux de l'Hippodrome. Ainsi le Palais Sacré, centre politique de la monarchie, se trouvait étroitement relié à ces deux pôles du monde byzantin, la Grande Eglise, centre delà vie religieuse, le cirque, tumultueuse arène où le peuple souverain manifestait ses volontés.
Tout un peuple, plus de dix mille personnes, habitait cette ville qu'était le palais. C'étaient les gens de la chambre impériale, attachés au service personnel du prince, les cubiculaiies chargés de la table, et les vesiitoj'cs préposés à