‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 104 sur 141 · lbid., Banquet · texte numérisé non relu

lbid., Banquet

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La Perle s'inspire de Shakespeare et de Plutarque, un peu de Lucain peut-être. Le sujet, c'est l'anecdote fameuse de la perle rare que Cléopâtre fit dissoudre dans une coupe de vin d'Egypte; mais Banville a transformé le conte de telle sorte qu'il évoque en quelques scènes toute l'histoire d'Antoine et de sa maîtresse, jusqu'à la catastrophe d'Actium. Au lever du rideau Cléopâtre demande à sa confidente Charmion des nouvelles d'Antoine; elle est triste, elle sent que le Romain lui échappe. Toute cette scène est pleine de souvenirs du poète anglais :

Charmion

Oui, ma reine, un courrier venu de Sicyone Cause là-bas avec le noble empereur.

CLÉOPÂTRE, irritée et inquiète.

Donne- Moi Je coup de la mort — Oui, je sens le danger1.

Cléopâtre envoie chercher Antoine et s'apprête à lui jouer une comédie qui surprend fort sa confidente :

Va le trouver. S'il est en proie à son ennui, Si tu vois sur son front la tristesse, dis-lui Que je danse ; mais s'il est gai, dis-lui bien vite Que je meurs.

Charmion

Vous cherchez des maux que nul n'évite ! Pourquoi le tourmenter ainsi r

Cléopâtre

Va, je sais bien Ce qu'est leur faible amour, et tu n'y comprends rien.

C'est presque exactement le début de la scène 3 de Shakespeare :

Si vous le trouvez triste, dites-lui que je suis joyeuse et occupée à danser; s'il est gai, annoncez-lui que je viens de me trouver mal. Volez et revenez.

Charmiane

Madame, il me semble que vous l'avez tendrement aimé ; vous ne prenez pas les moyens de l'engager à vous rendre le même amour.

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