Pliarsale, x, 113 sq
Crassum[que~\ trabes absconderat auruin, Nec summis crustata domus, sectisque nitebat Marmoribus ; stabatquc sibi non segnis achates, Purpureusque lapis ; totaque effusus in aida Calcabatur onyx : cbenus Marcotica vastos Non operit postes, sed stat pro robore vili, Auxilium non forma domus : ebur atria vestit, Et suffixa manu foribus testudinis Indae Terga sedent, crebro maculas distinda smaragdo. Fuli>ct gemma toris, et iaspide fulva supellex ; Strala micant : Tyrio quorum pars maxima fuco Coda diu, virus non uno duxit aeno ; Pars auro plumata nitet ; pars ignea cocco, Ut mos est Phariis misctndi licia telis.
l'auteur auquel est emprunté le sujet n'a presque rien fourni, car l'idée même a été modifiée profondément et dans ce cadre vidé, en quelque sorte, ont été replacés d'autres épisodes absolument étrangers à la fable primitive, inspirés par des œuvres qui n'ont aucun rapport avec elles. Diane apprend qu'une de ses nymphes n'est pas demeurée insensible aux charmes de l'amour; irritée, la déesse vierge la chasse de son cortège ; voilà tout ce qui reste du récit d'Ovide. Mais, tandis que dans les Métamorphoses, la malheureuse Calisto, définitivement exilée, est changée en ourse par Junon et meurt frappée d'une flèche par son propre fils ; chez Banville, Diane pardonne à Glaucé qui n'a d'ailleurs péché qu'en intention. Transformation hardie que rien n'autorisait dans la tradition antique ; une seule chose pouvait rendre ce pardon vraisemblable : il fallait que Diane elle-même connût la douceur et l'amertume de l'amour. Or, n'a-t-elle pas aimé le chasseur Endymion? Il faudra donc unir cette seconde fable à la première. Enfin quelle amertume plus grande que celle de voir sa passion connue, raillée et insultée par un être méprisable ? Il faudra donc, à côté de ces dieux et de ces nymphes, un personnage bas, bouffon, sot et méchant, qui représentera tous les vilains aspects de l'humanité : ce sera le satyre Gniphon. Mais ce personnage inventé devra être dessiné d'après un modèle connu, de manière à s'imposer au spectateur. Dès les premiers vers de la pièce, nous saurons de quel original il est la copie.
Au lever du rideau, il entre en scène avec une outre et une flûte qu'il a volées :
J'ai dans un antre obscur trouvé le vieux Silène Ivre et gisant...
nous voici donc en pays connu : le gaillard a imité les deux espiègles de la vi° Eglogue de Virgile :
Silenum pueri somno videre jacentem
Inflation hcslerno venas, ut semper, Iaccho [v. 14-15 •
Seulement, c'est lui qui, dans la suite, sera traité comme celui qu'il a volé : il a donné, pendant son monologue, de si fréquentes accolades à son outre, qu'il a fini par s'endormir, non sans avoir tenu sur les Dieux de fort inconvenants propos. Eros l'entend, le
surprend dans son sommeil et le lie avec des branches d'églantier. Silène avait été lié de même avec ses propres guirlandes :
Injiciunt ipsis ex vincula sertis [v. 19].
Pour que la ressemblance soit complète, Gniphon, qui a voulu jouer, avec deux nymphes du cortège de Diane, la scène de Don Juan et des deux paysannes1, Gniphon sera par elles, barbouillé
Avec des raisins noirs et des mûres sauvages.
Sanguineis fronlem moris et tempora pingunt v. 22].
Cependant au grotesque satyre a succédé, dans la seconde moitié du premier acte, un gracieux tableau : les chasseresses viennent se reposer dans le bosquet ; on mange des figues en buvant l'eau du torrent... et l'on médit surtout de l'Olympe avec une verve dont Célimène eût été jalouse :
Glaucé
Pallas hait les festins et leur vaine allégresse. On vante sa réserve extrême.
Diane
Que dis-tu.
Ma petite Glaucé, d"un dragon de vertu Si rigide qui, pour éviter qu'on l'embrasse, A besoin de garder son casque et sa cuirasser
Eunice Et Marsr
Diane
Un trouble-fête ! un glorieux soudard ! Celui-là n'ennuiera personne à force d'art ; Ce dur géant, plus haut qu'une tour crénelée. S'avance avec le bruit des chars dans la mêlée ; Son visage velu, prêt aux rébellions.
Imite la douceur des ours et des lions ; S'il parle, il fait fuir l'aigle effrayé vers son aire, Et lorsqu'il dit : « Je t'aime ! » il fait peur au tonnerre.