Ibid., p. xxv. Cf. se. 4, p. }i
de la belle et riche Loyse, était vraiment un brave, qui avait fait ses preuves au feu ; son éditeur ne manquait pas de le rappeler ».
Mais il manque deux choses à Gringoire : la pauvreté et l'énergie. C'est justement ce que Villon pouvait fournir : il avait été gueux, il avait cent fois risqué la hart, il n'avait jamais cessé d'être un paria, un exilé ; et quant à l'énergie villonienne, Banville l'a très heureusement rappelée dans cette amère Ballade des pendus, bien supérieure à ses Ballades joyeuses. Enfin il a fait de son Gringoire un contemporain de Louis XI, comme Villon ; mais, puisque la bravoure, l'héroïsme même doit être une des vertus du poète, que pouvait-il imaginer de plus saisissant que de le mettre face à face avec le terrible prince qui pardonnait rarement, et Olivier le Diable qui ne pardonnait jamais ? Au fond l'anachronisme est-il si grave ? Ce même chanteur irrévérencieux et famélique dont le roi dira: « Il y a là un homme » [G., 38], ses éditeurs n'avaient-ils pas dit de lui, quelques années auparavant : « il est né de la politique de Louis XI » ? Ils étaient faits l'un et l'autre pour se retrouver et se comprendre. Ainsi l'érudition contemporaine fournissait à Banville non seulement un héros, mais même une raison plausible pour justifier les libertés grandes qu'il prenait avec la chronologie !
Parmi toutes les sciences qui pouvaient lui être de quelque secours, il en est une aux progrès de laquelle il s'intéressait vivement : c'est l'histoire des mythes hellènes. Les noms de Kreutzer, d'Alfred Maury, d'Emile Lamé, de Louis Ménard reviennent à plusieurs reprises dans ses feuilletons ; il parle de leurs travaux avec admiration, il souhaiterait qu'ils fussent mieux connus des contemporains. Deux choses paraissent l'avoir frappé surtout : c'est d'abord que les mythographes ont fait comprendre la valeur symbolique de tous ces personnages, dieux ou héros, en qui les Grecs
... personnifiaient les harmonies de la nature, les Lois modératrices domptant les Energies premières. N., 21 janvier 1878.]
C'est ensuite l'espèce de réconciliation qu'ils ont rendue possible entre le polythéisme grec et le christianisme : d'après Banville, ils auraient démontré que le christianisme pouvait « se greffer facilement sur les croyances héroïques des Hellènes », qu'il avait emprunté à la Grèce sa morale « de douceur et de charité » si