Rabelais, sa personne, son génie et son œuvre, p
dans la Pomme, en voici d'autres, et l'on pourrait allonger la
liste :
En vain ce faible cœur
S'est contre tes refus armé de ta rigueur :
Tes refus pour l'éteindre en vain faisaient la chaîne,
Il fut incendié comme du cœur de chêne. [C, 81.]
... tu ne plais pas aux belles, je m'en lave Les mains.
— Conseille-moi ; je bous comme une lave ! [C, 187.]
Mais je cherche en vain « ces rimes calembours et autres gentillesses funambulesques » qui ressembleraient à « ces litanies où Rabelais s'amuse à dresser d'interminables listes d'adjectifs qui remplissent dix à onze colonnes » '. Comment des critiques, souvent délicats et avisés pourtant, ont-ils pu se montrer injustes à ce point?
Cette sévérité contribua certainement à faire dédaigner le théâtre de Banville par le gros public, toujours enclin à régler son opinion sur celle de ses journalistes favoris. Pourquoi néanmoins n'a-t-il pas, en dépit même du feuilleton, rendu pleine justice aux œuvres que, de loin en loin, on voulut essayer de lui faire entendre? Diane au bois eut, paraît-il, un succès « paradoxal » qui « faillit faire crever de dépit le sage Sarcey » 2 ; Déidamiafut, dit un autre, « acclamée par le public du dimanche » ; le triomphe littéraire fut doublé « d'un gros succès d'argent » ; Thétis et Achille firent recette « tout aussi bien, et même mieux, que les femmes violées ou .es cocottes ». — «Fait bizarre, ajoutait le chroniqueur, et qui fait rêver, entre deux parties de dominos, les vaudevillistes assombris.»5 Ajoutons : et qui probablement ne se renouvellerait pas ; Déidamia ne rencontrerait pas, sans doute, un meilleur accueil que Florise, et pour des raisons analogues. Le théâtre de Banville n'est pas scénique, au sens que nous attribuons à ce mot ; c'est justement dans les meilleures pièces qu'ont voit le mieux les incompatibilités de sa poétique et de nos habitudes. Nous avons beau faire et beau dire, nous ne sommes pas encore débarrassés de Scribe ; il n'y a pas si longtemps que la critique a vu disparaître de ses rangs le grand-