‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 131 sur 141 · J. Huret, Enquête sur l'évolution littéraire, p · texte numérisé non relu

J. Huret, Enquête sur l'évolution littéraire, p

j.Vigié-Lecoq, La Poésie contemporaine, 1884-1896, 2* édit., Paris, Mercure, 1897.

CONCLUSION

Banville eût signé cette phrase qui rappelle à la modestie les faiseurs d'alexandrins boiteux mais moraux ; et il eût également approuvé cette définition du lyrisme :

La forme la plus parfaite de la poésie — la seule vraie peut-être pour les nations vieillies — c'est le lyrisme, qu'on peut définir en un sens très large : une généreuse révolte contre le médiocre, une envolée vers l'idéal '.

Dès 1846,1e poète des Stalactites emprunte des thèmes aux chansons populaires ; il rêvait alors de faire plus, puis abandonna le recueil projeté pour n'y revenir qu'un instant à la fin de sa vie : l'idée est reprise par M. Viélé-Griftin qui

... ressuscite la grâce d'une vieille chanson populaire en la replaçant au pays du rêve, dont elle est sortie :

Où est la Marguerite, O gué, ô gué, â gué !

Où est la Marguerite, O gué, son chevalier '.

Elle est dans son château de fleurs et de charmilles, — Ses yeux gris sont perdus aux brumes du lointain, Doucement triste du rêve des jeunes filles, Blonde dans le matin 2.

On a vu comment Banville transfigurait les mythes grecs. Que faut-il donc penser de ce reproche adressé par M. Viélé-Griftin à Jean Moréas :

L'école romane... continue la tradition de la poésie érudite, celle des humanistes, de ceux qui ont le goût et la curiosité de l'antique sans avoir toujours le génie créateur qui permet de s'en affranchir après s'en être inspiré...

Le décor antique, oui, mais pour des idées nouvelles ; les vieilles légendes, oui, mais pour en dégager tout ce que la naïveté des primitifs n'y avait point vu 3.

N'est-ce pas là précisément la poétique des Exilés et du Forgeron ? Le livre de M. Vigié-Lecoq a consacré tout un chapitre à

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