‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 132 sur 141 · Ibid., p. 17 ; cf. p. 88 et · texte numérisé non relu

Ibid., p. 17 ; cf. p. 88 et

]. Ibid. p. 58.

Çl6 THÉODORE DE BANVILLE

l'amour dans la poésie contemporaine: on y trouve le jugement suivant sur la femme :

C'est l'inconsciente qui triomphe par sa faiblesse, ignore le remords, pousse au crime, étouffe le génie. Tête vide et cœur léger, elle n'a qu'un rôle possible ici-bas : donner le divin spectacle de la beauté, être avec la fleur le grand luxe de la nature '.

Qu'est cela ? La conclusion des Contes pour les femmes ? Point !

C'est à peu près la théorie que l'on peut dégager du poème V Homme el la Sirène, d'Henri de Régnier.

De même Banville, avant M. Viélé-Griffin, avait déjà considéré la femme

... comme l'initiatrice par excellence et la grande metteuse en œuvre des vertus viriles, car l'amour, plus qu'aucun autre sentiment, excite les énergies de l'âme 2.

Enfin, pour qui prétendent écrire les poètes modernes?

Ils écrivent pour ceux qui trouvent l'existence chose morose et trop souvent grotesque, qui laissent les pauvretés de l'optimisme aux niais et aux égoïstes incurables ; pour ceux qui sentent la douleur de vivre mais cherchent des remèdes à l'humaine misère ; pour ceux enfin dont l'âme, lassée des vanités sociales, est toujours prête à s'envoler

Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Ceux-là les poètes les emportent bien loin dans la subtile atmosphère du pays bleu, et quand ils les laissent retomber, hélas ! aux mesquineries de tous les jours, ils leur ont inspiré du moins le désir de marcher les yeux levés, prêts à refaire seuls le magique voyage?.

Par quoi peuvent-ils distraire de son ennui et de sa tristesse l'homme digne de les comprendre? Par le spectacle de la Beauté :

Ces aspects des beautés naturelles et leur âme intérieure reposent des mesquineries quotidiennes, enseignent à i'homme la vanité des ambitions, la puérilité des jeux politiques, des luttes pour les honneurs, et lui apprennent à réserver ses forces et ses instincts pour ce qui vaut, pour ce qui le fait participer vraiment à l'universelle Beauté 4.

i. Vigié-Lecoq, op. cit., p. 9v

Page 1