CHAPITRE PREMIER
Les Œuvres de Jeunesse
1. — LES CATÇIATWES. — La fantaisie de Banville. — Les rondeaux A Climène. — La préface de 1841. — Epigrammes contre Scribe et profession de foi romantique. — La Voie lactée.
Poésie personnelle et amoureuse. — Le premier amour de Banville. — Les Jlmoun d'Yteult.
— Le» Baiieri Je Pierre. — Le Songe d'hiver. — Conception pessimiste du rôle du poète.
Succès des Cariatides. — Jugement de Baudelaire. — Imitations de Hugo, de Musset. — Obscurités et faiblesses. — Originalité des CariatiJei. — Le poète joyeux, le musicien.
— Etude rythmique du Songe d'hiver.
BIBLIOGRAPHIE. — Première édition en 1842 (annoncée dans le Journal de la Librairie du 22 octobre) : « Les Cariatides, par Théodore de Banville. Paris, Pilout, 24, rue de la Monnaie », in-16. Précédée d'une dédicace à Victor Perrot et d'une préface en prose datée du 20 septembre 1842 ; il est regrettable que l'une et l'autre aient disparu des éditions suivantes.
Le recueil est divisé en trois livres: I. Poèmes — II. Poésies — III. Odes et épîtres. Au livre I manquent la dédicace A ma mère et les Cariatides; au livre II : Bien souvent je revois... et la Vénus couchée; en revanche on y trouve une pièce (Devant l'Océan vert...) supprimée plus tard ; au livre III manquent : A ma mère, Conseil, le Pressoir, les Caprices; Sieste; Sous bois; au contraire les pièces suivantes s'y trouvent, qui ont été supprimées dans l'édition Charpentier :AM.E.C, A Victor Perrot et Armand Duménil, A Niobé N., A M. de Sainte- Marie.
Deuxième édition en 1857': « Poésies complètes de Théodore de Banville, 18 41-1854. Paris, Poulet- Malassis et de Broise », in-16, avec une eau-forte de Louis Duveau. Le recueil est divisé en six livres, les Cariatides forment les trois premiers.
Aux pièces de la première édition sont ajoutés : Livre I : un Envoi (supprimé depuis), les Cariatides, Confession (supprimé depuis) ; — livre II : Vénus couchée; — livre III : A ma Mère, le Pressoir. Les vers A V. Perrot et A. Duménil ont été supprimés.
Le texte de cette édition est encore très proche de celui de 1842 ; néanmoins d'importantes modifications ont été faites, notamment dans la Voie lactée, dont les deux chants ont été réunis en un seul ; dans les Baisers de Pierre (anciennement Slephen) ; dans le Songe d'hiver, où un épisode a été complètement transformé.
Troisième édition en 1864 : « Les Cariatides, par Théodore de Banville. Nouvelle édition. I. Les Cariatides — II. Yseult — ///. Erato — IV. Les Stalactites— V. Odelettes— VI. Le Sang de la Coupe, les Malédictions de Vénus, etc., etc. Paris, Jules Tardieu, 13, rue de Tournon », in-16. — C'est la reproduction de l'édition de 1857.
Les Cariatides ont été réimprimées dans la collection Lemerre en 1877 et en 1889 (avec les Roses de Noël) ; dans la collection Charpentier en 1891. Comme Banville l'indique à la fin de sa Préface, il a fait encore quelques corrections de détail, mais ces trois dernières éditions n'offrent pas de variantes importantes comme les deux autres.
S'il fallait en croire la Dernière Angoisse, véritable préface en vers (elle était intitulée Sur ce livre dans la première édition), la muse des Cariatides ressemblerait fort à celle des Folles Rimes : c'est une enfant bohème qui n'a cure des grands sujets,.
Qui sait se consoler d'avoir fait un poème
Où tout semble aller de travers ' [1, 1 1],
et qui préfère les lits moelleux, le bon vin, les divans profonds :
Ma Muse, à moi, n'est pas une de ces beautés Qui se drapent dans l'ombre avec leurs majestés Comme avec un manteau romain. C'est une fille A l'allure hardie, au regard qui pétille ; Charmeresse indolente, elle sait parfumer Ses bras nus de verveine et de rose et fumer La cigarette ; elle a des étreintes lascives, Des chastetés d'enfant et des larmes furtives. [1, 46.]
Pourtant cette « Muse folle » n'est pas une grisette : elle a des goûts d'artiste et de lettrée ; il lui faut des décors somptueux, des tapis « que signerait l'ancienne Tyr » [1. 205] ; elle a lu Virgile et