‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 25 sur 141 · I. Dans Sédition de · texte numérisé non relu

I. Dans Sédition de

pièces fantaisistes s'ajouteront donc un élément satirique et un élément élégiaque.

On a trouvé étonnant que moi, rêveur obscur, j'aie osé attaquer, un peu brusquement quelquefois, au coin d'une strophe, les rois de ce temps-ci ; je veux parler des folliculaires et des coupletiers. La prétention est assez neuve en effet et vaut qu'on l'explique. J'ai cependant le ridicule de la croire fondée.

Oui, Messieurs, s'il vous plaît ; oui, je m'attaque à ces hommes parce que ces hommes s'attaquent à l'art ; parce que les uns tuent le livre avec leurs feuilletons, et qu'avec leurs vaudevilles les autres tuent le drame ; parce que ces Scribes, qui sont la contrefaçon française, sont mille fois plus nuisibles et plus venimeux que la contrefaçon belge.

Il me semble, à moi, honni soit qui mal y pense ! que ceux qui ont la bonne volonté, à défaut de talent, ont le droit de flétrir, au nom de la poésie sacrée, ces bandits qui la violent et qui l'éventrent. Si tous ceux qui marchent dans les voies de l'art avaient mis depuis longtemps un stigmate honteux au front des hommes de métier, les choses n'en seraient pas où elles en sont '.

En réalité ces menaces ne devaient être mises à exécution que sept ou huit ans plus tard, dans les feuilletons du Pouvoir. Le premier recueil contenait seulement quelques railleries plus ou moins dures à l'adresse des mauvais rimeurs et des « hommes de métier » :

Oh ! lorsqu'incessamment tant de caprices noirs

S'impriment à la rame Et que notre Thalie ; accouche tous les soirs

D'un nouveau mélodrame...

Que des Phébus crasseux, en des termes d'argot 3 Flattent leur Muse vile,

Encensent d'Ennery, jugent Victor Hugo Et font du vaudeville ;

Lorsqu'on se dit poète en saupoudrant d'aplomb-* Des strophes chevillées...

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