Préface de l'édition de
2. Serait-ce un souvenir du nostra Thalia de Virgile ? ;Egl. vi, v. 2. 5. Texte de 1842. — Que de piètres Phébus au regard indigo (1877). 4. Var. — Lorsque de vieux rimeurs fatiguent l'aquilon
De strophes chevillées (1877 .
Que ne puis-je, ô Paris, vieille ville aux abois, Te fuir d'un pas agile ! [1, 1 39.
...Un tas de gens hideux avaient fondu ta lyre, Pour en monnayer l'or, ô ma noble Erato ! l
Ailleurs encore Banville demandait à son ami Aug. Supersac pourquoi, près de l'éloge,
Rampe la diatribe, Près du Musset charmant et du Victor Hugo
Le Lemoyne et le Scribe2 [I, 173.
et la dernière pièce du recueil contenait une épigramme — effacée depuis — contre les rimeurs qui abusent du « cliché » :
Ainsi pour de longs jours suspendons notre lyre, Gardons-la seulement comme rime à délire >.
Au lieu de s'attarder à batailler, Banville préférait protester d'une autre manière contre cette littérature de pacotille : il disait bien haut son admiration pour les grands romantiques, ses aînés et ses maîtres, pour Gautier, pour Balzac, pour Musset, pour Hugo surtout, pour le génie « immense et tranquille », à qui les Muses ont dit : « Tu seras roi ! ». La conclusion du long poème de la Voie lactée sera un hymne en son honneur: toute poésie était morte sur terre; la poésie lyrique, la première que l'homme ait connue, avait disparu avec Orphée, l'épopée avec Homère, le drame avec Molière et Shakespeare4. Mais Hugo parut : « Je serai la Lyre », dit-il,
Je serai l'épopée et je serai le drame ! Grâce a lui, la Muse immortelle sort de son long sommeil,
Sage, car elle sait ; jeune, car elle rêve. Son jour se lève bleu ; sur ses bras assouplis Flotte un voile pourpré. Les temps sont accomplis !
1. Conseils à Jeanne, str. 10, éd. de 1842. Cette strophe a été supprimée en i8<;7 et la pièce entière en 1877.