‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 32 sur 141 · Cf. Virgile, Enéide, vi · texte numérisé non relu

Cf. Virgile, Enéide, vi

[Spclunca] tuta lacu nigro nemorumque tenebris Quant super haud ullae poterant impune volantes Tendere iter pennis...

femme endormie parmi les dentelles, tandis qu'auprès d'elle, à

mi-voix,

... deux colombes mystiques,

Au milieu des ardeurs du tiède renouveau,

Se murmurent, ainsi que des lyres antiques,

Des vers d'Anacréon, d'Orphée et de Sappho. [1, 263."

Ces « études de femmes » abondent dans les Stalactites ; les pièces qui célèbrent la blonde Camille, l'amie, ou plutôt le modèle du poète, sont de véritables tableaux pour lesquels elle a posé. Tantôt nous la voyons couchée, ses cheveux radieux dénoués sur sa nuque blanche [1, 220], tantôt le peintre nous la montre nue, endormie au milieu des roses, moins rouges que ses lèvres de flamme et que les fleurs de son sein [], 228]. De toutes ces toiles, nulle n'a plus de splendeur que cette « femme à sa toilette » :

Sous un grand démêloir d'écaillé à reflets verts, Elle fait ruisseler, en sortant de l'alcôve, Cette ample chevelure à l'or sanglant et fauve...

... Le soleil fait glisser Sur ces âpres trésors, qu'à loisir elle baigne, Un rayon rose au bout de chaque dent du peigne '. [1, 2 3 8 - j

Tous ces poèmes valent surtout par la ligne et la couleur ; point de « sujet », tout cela « ne veut rien dire » et se contente d'être beau. C'est avec intention évidemment que Banville a terminé son recueil par la pièce restée fameuse :

Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l'extase... [1, 273."

Ne forçons pas toutefois la pensée du poète et ne concluons pas de ces vers qu'il veut se consacrer désormais au culte de la pure beauté : il ne dit pas, en effet, que l'artiste doive se borner à de pareils travaux ; il lui conseille seulement de s'occuper de la sorte « en attendant l'extase ». Ce mot, que Sainte-Beuve critiquait, me parait au contraire parfaitement juste: Banville ne veut pas nier

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