‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 50 sur 141 · Débats du ■•, mai · texte numérisé non relu

Débats du ■•, mai

tolérer le tribunal : Banville et le gérant Jouvin furent condamnés chacun à quinze jours de prison et cinq cents francs d'amende et solidairement à mille francs de dommages-intérêts. Quelques semaines plus tard, il est vrai, le prince impérial venait au monde ; la peine, à cette occasion, fut remise, et le Figaro, dont c'était pourtant la troisième condamnation, ne fut pas supprimé. Mais Banville cessa d'y collaborer; j'imagine qu'il dut le quitter sans regret : après cette algarade, il était impossible de continuer sur le ton des Esquisses parisiennes, et faire des « Nouvelles à la main » était un métier bien peu digne du poète qui faisait applaudir à ce moment le Beau Lëandrc.

111. — LES ODES TUJSAMBUrESQUES. — La Cor Je roide et le Saut du tremplin. — — Poèmes fantaisistes et poèmes satiriques. — Influence d'Henri Heine et de Rabelais. — Le Bourgeois ; médiocrité intellectuelle et morale. — La Fille.

Le comique des Odes funambulesques. - Paulin Lymairac. — En quoi consiste la « nouvelle langue comique versifiée ». — La rime riche et la parodie.

Les allusions satiriques. — Les Tolies nouvelles, le Mirecourt, Y"' le baigneur. — Que les Odes funambulesques sont à l'origine un livre manifestement hostile à l'empire. — Comment et pourquoi la seconde édition est-elle moins agressive? — Querelle avec Sarcey. — Autres additions. — Que Banville a contribué lui-même à faire mal juger son œuvre.

BIBLIOGRAPHIE. — Les Odes funambulesques parurent chez Poulet-Malassis en février 1857 (in-16;. Cette première édition, imprimée en italiques, avec titres et ornements rouges, est devenue assez rare. Vingt pièces du recueil actuel n*y figurent pas : la Belle Véronique, la Voyageuse, Une vieille Lune, Rondeau à M"e Page; huit triolets : Grédelu, Feu de Bengale, Leçon de chant, Bilboquet, Elève de Voltaire, Monsieur H ornais, Polichinelle vampire, Note rose, Ma biographie, Ecrit sur un exemplaire des Odelettes, Villanelle des pauvres housseurs, Ballade des travers de ce temps, Ancien Pierrot, A Augusline Brohan, la Sainte Bohème, A Alphonse Lemerre. — Par contre, trois petites pièces ont disparu de l'édition définitive : A Mademoiselle *** (villanelle), Mne Michonnet et Critique d'art (triolets).

Plusieurs de ces pièces avaient déjà paru dans divers journaux. Dans la Silhouette: Villanelle de Bulo\ (25 octobre 1845), YOmbre d'Eric (23 novembre), Adieu, paniers (30 novembre), les six satires de la Némésis intérimaire (30 novembre 1 845 au 8 février 1846), Rolle n'est plus vertueux (n janvier 1846), la Ville enchantée (ier mars) et V*** le baigneur (5 avril .

Toutes ces pièces sont anonymes, sauf la seconde, qui est signée Villon, la dernière, qui est signée Saadi, et l'avant-dernière qui, seule, porte le nom du poète (on remarquera que ce n'est pas une pièce bouffonne).

Dans le Pamphlet: La Tristesse d'Oscar (11 juin 1848), annoncé d'abord sous le titre de la Tristesse de Durieu et publié sous celui de Odes funambulesques ', I . La Tristesse de Xavier; FOdéon (20 juin 1848). Ces deux pièces sont signées François Villon.

1. Il n'y a donc aucune raison d'accepter comme authentique l'anecdote rapportée au début du commentaire sur les Odes funambulesques, d'après laquelle ce titre aurait été suggéré, par hasard, à Banville, en 1857.

Dans Paris: le Divan Lepellelier (27 octobre 1852); signé Jean Dupont.

Dans le Mousquetaire: Premier soleil (14 mars 1854).

Dans le Figaro: Bonjour, monsieur Courbel (7 février 1856) et l'Ombre d'Eric (21 décembre 1856).

Les Folies nouvelles avaient paru séparément chez Michel Lévy en octobre 1854.

La seconde édition des Odes funambulesques parut chez Michel Lévy en 1859 (in-16). Il y manque encore Polichinelle vampire, Note rose, Leçon de chant, Ancien Pierrot, A Alphonse Lemerre. — Quatre pièces ont été reléguées à la fin du volume avec la note suivante :

L'auteur a cru devoir retrancher du volume, signé de lui cette fois, cinq pièces qui touchaient de trop près à la charge ou qui présentaient dans leur exécution quelques enfantillages peu dignes d'un recueil auquel le public semble vouloir accorder une certaine durée.

Les quatre pièces reproduites après cette note sont la Chanson sur l'air des Hirondelles, de Félicien David; Brohan (intitulé Lisette); Opinion sur Henri de la Modelé ne, et Critique d'art, qui a disparu définitivement des éditions postérieures.

Le texte des deux premières éditions offre de nombreuses variantes.

Les Odes funambulesques ont été réimprimées en 1873, chez Lemerre, avec un commentaire tout à fait insuffisant, et en 1878 dans la Bibliothèque Charpentier.

e prologue et l'épilogue des Odes funambulesques sont postérieurs à la publication des Odelettes et reprennent, en la développant, l'idée de l'odelette à Méry : le poète, comme la funambule, vole dans l'éther — mais risque toujours de « se casser les reins » [il, 175]. La pièce, à vrai dire, est peu nette, et la dernière strophe, ajoutée après coup1, n'apporte aucun éclaircissement: La Corde roide et le Saut du Tremplin sont plus satisfaisants, de beaucoup.

La première de ces deux pièces explique pourquoi le poète va « faire des tours » : il est las de prêcher

L'amour aux côtes du rocher

Et la douceur aux dents du tigre ;

il vit en un temps si triste que, pour protester « en faveur des

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