‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 53 sur 141 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

« Les Exilés »

1. - LA POETIQUE DES EXILES. — Banville de 1857 à 1867. — La Mer de TVice. — Banville et l'empire. — 7Vice française. — La Revue fantaisiste. — Nouvelles déceptions ; qu'elles ont influé sur l'esprit des Exilés. — M"" Rochegrosse.

L'édition de 1857 et l'édition de 1874; Us Torts du Cygne et l'Exil des Dieux. — Imitation de Heine et de V. de Laprade. — Les Exilés et le Salon de 1861. — Les dieux grecs et l'actualité dans les Exilés.

Penlhésilée et Dioné ; comment Banville traduit Quintus de Smyrne et Homère. — L'Education de l'Jimour et Ronsard. — Les Loups. — Les dangers de la manière flamboyante : T(oland et la Belle Aude. — Faiblesse de la poésie amoureuse dans les Exilés : les Améthystes, le Cher "Fantôme.

La véritable poésie personnelle : les J^oses de JSoél. — Oraisons funèbres de poètes ou d'artistes.

BIBLIOGRAPHIE. — La Merde Nice est formée de six lettres adressées au directeur du Moniteur, qui parurent dans les numéros des 7 et 28 janvier, 22 février, 7 avril, 15 mai et 2 juin 1860. Elles étaient intitulées simplement Nice. — Elles parurent en volume, sous le titre de la Mer de Nice, lettres à un ami, chez Poulet- Malassis, dans les premiers jours de 1861 ; la dédicace à Marie Daubrun est datée de Bellevue, Ier novembre 1860, et le volume est annoncé dans la Revue anecdotique du 30 novembre. Ce volume, devenu assez rare, n'a pas été réédité.

Nice française n'a eu qu'une édition dont on trouvera le titre complet p. 21*5. D'après A. Laporte (Bibliographie contemporaine, Paris, 1884, 1, p. 125), cette brochure serait devenue très rare ; la Bibliothèque nationale ne la possède pas, la Bibliothèque municipale de Nice en a conservé un exemplaire.

Les Exilés parurent pour la première fois chez Lemerre en 1867. Cette première édition ne contient pas la Préface ni les pièces suivantes : Némée, Tueur de monstres, Penthésilée, Dioné, la Cithare, A Th. Gautier, Baudelaire, la Bonne Lorraine. Mais elle contient en plus les Améthystes et la moitié des Princesses (sonnets n à v et vu à xn).

Les vingt sonnets des Princesses ont été publiés à part chez Lemerre,

en 1874 ; ils sont annoncés dans le National du 21 octobre. Les Améthystes ont été publiées en 1862, chez Poulet-Malassis, et en 1839 dans la petite collection Lemerre, avec les Stalactites, les Odelettes et le Forgeron.

Les Exilés, Améthystes et les Princesses ont formé le tome 11 des Poésies complètes (Charpentier, 1874), avec les Odelettes, les Rimes dorées, les Rondels et les Ballades.

Les pièces suivantes avaient paru déjà dans différents périodiques:

i° Dans la Revue européenne: Au Laurier de laTurbie(\ 5 mars 1860), le Cher Fantôme (31 août), l'Ange, l'Aveugle (50 avril);

20 Dans la Revue fantaisiste : V Ame de Célio [i<, avril 1861), la Source (ier mai), la Reine Omphale (15 juin), Amédine Luther (15 août), Erinna (ier septembre) ;

3° Dans le Parnasse contemporain : La Reine de Saba (1866) ', la Cithare (1869) ;

4° Dans la Renaissance littéraire et artistique : Penthésilée (26 octobre 1872), le Casque2.

La Bonne Lorraine parut dans l'Offrande, un volume in-8°, s. d., publié par la Société des Gens de Lettres au bénéfice des Alsaciens- Lorrains ayant opté pour la nationalité française.

Les dix années qui séparent la publication des Odes funambulesques de la première édition des Exilés (18^7-1 867), représentent la période la plus curieuse de la vie de Banville. C'est le moment des grandes tristesses, des découragements que la maladie rend plus douloureux encore, et c'est aussi l'époque du succès — du succès officiel pour ainsi dire. Voir disparaître — et douloureusement — les meilleurs de ses compagnons d'armes, voir grandir chaque jour l'inintelligence artistique d'une société grossièrement frivole, et rencontrer au même moment une élite pour vous applaudir et l'affection d'une femme pour vous consoler du passé, c'est une réparation que la vie n'accorde pas cà tous : Banville fut parmi les heureux qui purent jouir d'une semblable fortune.

La maladie qui le contraignit à faire un long séjour dans la maison de Bellevue le tourmenta jusqu'en 1862. A la fin de 1859,

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