‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 59 sur 141 · Quintus de Smyrne, Posthomcrica, i · texte numérisé non relu

Quintus de Smyrne, Posthomcrica, i

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Elle est si belle qu'Achille ne peut retenir ses larmes ; mais, pour nous peindre sa douleur, le poète va-t-il nous dire :

Aussi les douleurs cruelles lui déchiraient le cœur, comme jadis, à la mort de son ami Patrocle ? •

Le souvenir de Patrocle est bien inattendu, le rappel est sec et abstrait, l'expression morte. Ici encore, Banville a traité en peintre la maigre indication du modèle :

Ses larmes de ses yeux brûlants en larges flots Ruisselèrent, et, comme un lys pur qui frissonne, Il baignait de ses pleurs le front de l'amazone.

Autour du héros il a groupé tous ses compagnons, gagnés à leur tour par la douleur de leur chef :

Tous ceux qui sur leurs nefs, jeunes et pleins de jours, Pour abattre Ilios environné de tours, L'avaient accompagné, fendant la mer stérile, Frémissaient dans leurs cœurs, à voir pleurer Achille.

Chez Quintus de Smyrne, ils étaient occupés à des soins tout différents :

Les fils belliqueux des courageux Argiens détachaient en hâte les armes ensanglantées des morts et parcouraient la plaine en tout sens...2

Le détail est sans doute plus vrai, mais il introduit une idée de pillage, de sauvagerie, qui nuirait à la pureté rythmique du tableau ; sans compter que les paroles de Thersiîe seront bien plus insultantes si elles sont prononcées devant tous les Grecs. Mais comment présenter ce nouveau personnage ?On comprend à la rigueur qu'un Grec se soit contenté de le nommer ; la figure de l'homme n'était

i. Quintus de Smyrne, Posthomerica, i, 720:

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