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pas moins connue que son nom ; au lecteur français il fallait rappeler le portrait qu'en trace Homère :
C'était l'homme le plus laid qui fût venu sous Ilios ; il louchait et boitait ; ses épaules étaient voûtées, sa poitrine rentrée ; le sommet de sa tête était pointu et de rares poils follets poussaient dessus...1
Mais seul Thersite, louche et boiteux et tortu 2 Et chauve, et n'ayant plus sur son crâne pointu Que des cheveux épars comme des herbes folles, Outragea le héros par ces dures paroles.
Dans la suite, Banville s'éloigne de plus en plus de son modèle : il a réduit de plus de moitié les dix-huit vers d'injures que prononce Thersite; il a totalement supprimé les trois vers où Quintus de Smyrne représente l'imprudent railleur, la mâchoire fracassée, crachant toutes ses dents avec son sang. Laissons donc cette comparaison, qui cesserait d'être instructive, pour examiner le second poème.
Dionë traduit, en l'abrégeant, un épisode fameux du cinquième chant de Vîliade : Aphrodite blessée par Diomède :
Abattu par la roche énorme que sans aide Seul, avait soulevée en ses mains Diomède, Enée était tombé, sous le char de Tardent Fils de Tydée... [11, 38.]
La traduction est fidèle, mais Banville a supprimé tout un membre de phrase et relié plus étroitement ce début à la suite :
Le fils de Tydée prit une pierre énorme, que ne porteraient pas deux hommes de la force qu'ont aujourd'hui les mortels. Lui la brandit facilement, seul >.