Iliade, v, 302 sq
'0 Oê yiyypjwi Àâo£ X.Eipî, TwBefBijç, \i.i~;% -,'70v> S où ojo y' avopE ys'poiEv, 0101 vuv ppoTOi tW' 5 ÏI |xiv hi<x -i/.ÀE y.%\ 0I0;.
Cette manière de préciser le poids du rocher a quelque chose de naïf, qu'une poésie jeune peut, seule, se permettre ; une épithète un peu vague ne tera-t-elle pas voir à l'imagination du lecteur un guerrier et un projectile plus gigantesques encore? Enfin, le personnage principal c'est Aphrodite protégeant son fils blessé : comme les bas-reliefs et les vases antiques, la poésie épique met tous les combattants au premier plan ; mais une peinture moderne ne peut ainsi dédaigner la perspective : il faudra sacrifier tous ces détails trop précis qui tireraient l'œil. Peu importe le poids de la pierre qu'a reçue Enée, et peu importe que le choc lui ait démis la cuisse. Ainsi, disparaissent à chaque instant, ces menues explications auxquelles se complaît la narration homérique : Diomède s'est arrêté pour faire emmener, par Déipyle, les chevaux d'Enée. Est-ce le moment, lorsqu'il s'agit de poursuivre une déesse ? Diomède ne peut songer qu'à ceci : l'adversaire qu'il a devant lui n'est pas redoutable :
Diomède, sachant qu'elle est faible, et non pas Intrépide à guider les hommes sur ses pas Vers le carnage, comme Enyo destructrice Des citadelles, dont la mort suit le caprice, Poursuivit Aphrodite en son hardi chemin Et de sa lance aiguë il lui perça la main.
Traduction presque littérale d'Homère, sauf une large coupure à la fin:
Il poursuivit Cypris avec l'impitoyable airain, sachant qu'elle était une déesse faible et non de celles qui commandent les combattants à la guerre, comme Athéné et comme Enyo destructrice des villes. Quand il l'eut rencontrée en la poursuivant parmi la mêlée, le fils du magnanime Tydée étendit le bras et, frappant la déesse de sa lance aiguë, il blessa le dos de sa main délicate. La lance perça la peau à travers le voile divin, oeuvre des Charités mêmes, à la naissance du poignet '.