Iliade, v, 530 sq
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Les six derniers vers, un peu longs pour peindre un geste prompt comme la pensée, ont été réduits en un seul. En revanche, ceux qui viennent ensuite ont été conservés et amplifiés :
Le sang immortel de la déesse coula, pareil à un fluide subtil, tel qu'il coule dans les veines des Dieux bienheureux. Car ils ne mangent pas le pain, ils ne boivent pas le vin noir ; c'est pourquoi leur sang est subtil et on les appelle Immortels ».
... le sang précieux jaillit fluide et rose, Délicieux à voir comme une fleur éclose, Riant comme la pourpre en son éclat vermeil, Et tout éblouissant des perles du soleil. Car, pareils dans leur gloire à la blancheur du cygne, Les Dieux ne boivent pas le vin noir de la vigne. Ces rois, pétris d'azur, ne mangent pas de blé, Et c'est pourquoi leur sang, qui n'est jamais troublé, Court dans leurs veines, beau de sa splendeur première, Comme un flot ruisselant d'éther et de lumière.
Jusqu'alors, Banville avait simplifié les descriptions de son modèle, mais le coloriste se retrouve dès qu'il faut brosser un tableau féerique de splendeur surhumaine. C'est qu'il tient à marquer fortement ce caractère surnaturel des Olympiens; dans Y Iliade ils s'humanisent parfois beaucoup, encore que d'une manière charmante. Un moderne ne peut se permettre ce qu'autorisait la pieuse naïveté des temps homériques; aussi, voyons-nous disparaître encore d'autres détails un peu trop terrestres. Aphrodite s'élance pour protéger son fils : son geste est délicieux, à la vérité, mais peut-être plus maternel que divin :
Elle entoura de ses deux bras blancs le corps de son fils et le cacha sous son péplos éclatant... 2