RAT I TESTS
sait de publier; il en avait traduit une partie en latin, de même que de Dion Cassius. Cest néanmoins à Henri Estienne que reviendra la gloire de publier l'édition princeps de Diodore, à Genève, en 1559. La même année paraîtra à Bâle une nouvelle traduction latine de cet auteur, sous les auspices de Castalion. Déjà en 1554, Amvot, disciple de Volmar comme Bèze, publiait à Paris la traduction française de quelques livres du même historien. On voit que, en s’occupant de Diodore, notre helléniste de Lausanne était bien dans le courant de la philologie contemporaine. Mais d’autres occupations vont reléguer ces travaux à larrière-plan, si bien que Bèze n’en publiera rien, et que le souvenir même s’en effacera.
Le traitement annuel de Bèze à Lausanne comportait, outre le logement ?, 200 florins,
1 Voyez Lycosthenes, Elenchus scriptorum omnium. Basileæ, per Jo. Oporinum, 1551, in-40, col. 237 et 1029. — A ce sujet se-pose une question dont nous n’avons pas la solution : D'où Bèze tenait-il, en 1551, le texte encore inédit de dix livres de Diodore ; est-ce le même texte que celui que Henri Estienne. avec qui Bèze était en relation, publiera huit ans plus tard ? Estienne, dans son édition, ne donne aucune: indication sur les manuscrits où il a puisé son texte. Wesseling assure que ce dernier est basé sur deux manuscrits de Clermont, mais corrigés d’après quelques autres restés inconnus.
2 Une maison d’un des anciens chanoines, à côté de la
plus 2 muids de blé et 2 tonneaux de vin.
Mais ces dernières prestations en nature n'étaient livrées que lorsque le grenier public était bien garni, et non dans les temps de disette, où l’on en aurait eu le plus besoin. « Nous ne recevons rien, écrit-il à son ami Bullinger en février 1556, des produits de l’année, tels qu’on en donne aux bourgeois; il nous faut tout payer comptant au marché. »
Or l’été précédent avait été déplorable; en juillet il avait neigé très bas dans la montagne, au grand détriment des troupeaux ; les récoltes furent mauvaises; aussi bientôt le char de vin se se vendait-il 10 écus au lieu de 3 l’année précédente ; un an après le blé montait de 13 sous à 28 et même 30. Ces fluctuations dans les prix bouleversaient les petits budgets. Mile de Bèze, comme on disait alors, dut souvent s’ingénier pour nouer les deux bouts ; quelques pensionnaires aidaient à faire marcher le ménage.
Notons que le prix ordinaire de pension, pour un jeune homme traité largement, était de 20 couronnes par an. nn La chaire de grec n’était pas seule à bénéfi-
cathédrale, fut affectée en 1540 au logement du professeur de grec. C'était alors Ribit; si celui-ci, devenu professeur de théologie, l'occupait encore, ce sera sans doute une habitation analogue, dans le même quartier, qu’on fournit à Bèze.
cier des talents et de l’activité du Jeune professeur ; en 1952, on lui confie pour deux ans, selon l’usage, l'honneur et la charge du rectorat. Ce n’était pas une sinécure. Dès l’abord, la mort de son collègue Quintin l’oblige à se Charger du séminaire des « douze écoliers de Messieurs » de Berne, jusqu’à la nomination du successeur du défunt, en la personne d’Eustache Du Quesnoy, le médecin. Mais c'était spécialement la période des examens, — supplice mutuel des maîtres et des disciples, alors comme aujourd'hui, — qui donnait fort à faire au recteur consciencieux, responsable de la bonne marche de l’école dans son ensemble.
Hotman, le professeur de latin, excusant son collègue Bèze, dans une lettre à Calvin (22 octobre 1552), pour le retard de la traduction en latin de quatre discours du réformateur dont il s'était chargé, lui dit : & S'il avait été possible à Bèze, au travers d’occupations en nombre incroyable, de t’écrire, il l’eût fait de grand cœur ; il m'en à chargé à sa place. Pendant dix Jours entiers, pour le moins, tous les étudiants sans exception vont être interrogés et appelés à rendre compte de leurs études, de sorte qu'il peut à peine respirer, chargé de tant d’affaires, dont le nombre, joint au travail assidu de ses leçons, l’écrase. »
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Des examens d’un autre genre, moins absorbants, n’en amenaient pas moins à notre recteur de gros ennuis. Cest, un jour, un cordelier albigeois en rupture de ban, qui, ayant obtenu en 1553 une pension de Messieurs de Berne, prétend à une place dans l’enseignement ; mais la composition latine que le recteur lui impose comme épreuve est à tel point grevée de solécismes, jusque dans la signature, — per me Antonius, — qu'il ne peut être question de l’employer. Du reste il se conduisit bientôt de telle façon que l’autorité dut le ban-
nir avec menace du fouet. Antoine Cathalan (ou Cathelan), c’est son nom, est dès lors un
ennemi juré ; revenu en France, il paie sa rentrée dans l’Eglise romaine, en 1554, par un pamphlet anonyme !, dans lequel il donne essor à sa bile contre les évangéliques ; Calvin, Viret, Cordier, les pasteurs et professeurs de Lausanne, mais Bèze surtout, y sont couverts d’une boue monacale. À Lausanne on ne parait pas s’en être autrement ému ; mais Cal-
1 Passevent Parisien respondant à Pasquin Romain, De: la vie de ceux qui sont allez demeurer à Genève et se disent. vivre selon la réformation de l'Evangile, au pays jadis de Savoye et maintenant soubz les Princes de Berne et Sei-
gneurs de Genève ; faict en forme de dialogue. 1556, in-16.
Une édition postérieure a été réimprimée de nos jours, ads
Liseux, 1875, in-16.