Comment les dogmes unissent. Mélanges philosoph.^ip
Le peuple, « témoin de leur impuissance, de leurs divisions, de leur dégradation », n'a plus pour eux que de l'indifférence et du mépris.
C'est vers les «jeunes», comme on dirait maintenant, que se tourne Jouffroy. 11 leur adresse un chaleureux appel. Ceux qui comme lui ont vu finir en eux « le vieux dogme » et qui, comme lui, « sentent qu'il faut travailler à l'avènement du nouveau », voilà la ressource de l'avenir. Les naïves espérances qu'il a conçues pour lui-même, il les transporte à toute la nation, au monde entier. C'est une ère nouvelle qui va commencer : (( l'empire légitime de la vérité »
va être rétabli. On va ressaisir par la raison toutes les croyances essentielles, et ce sera l'œuvre de cette jeunesse dont il est un des représentants, un des guides, pourvu qu'elle
entende son devoir et qu'elle ose le remplir. Il faut maintenant des «apôtres». Le mot y est, et un souffle ardent et généreux passe à travers ces pages. C'est presque comme le Discours de Fichte à la nation allemande :
Une génération nouvelle s'élève, qui a pris naissance au sein du scepticisme... Pour elle le vieux dogme est sans autorité ; pour elle le scepticisme a raison contre lui, mais il a tort en lui-même : quand il a détruit, il ne reste rien. Et déjà ces enfants ont dépassé leurs pères, et senti le vide de leurs doctrines. Une foi nouvelle s'est fait pressentir à eux; ils s'attachent à cette perspective ravissante avec enthousiasme, avec conviction, avec résolution. L'espérance des nouveaux jours est en eux ; ils en sont les apôtres prédestinés, et c'est dans leurs mains qu'est le salut du mondée
Toujours sa propre expérience, sa propre histoire lui apparaissant comme ce que le