‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 10 sur 120 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

jusqu'ici tenue clans la sienne par reconnaissance pour cet être rempli de gi-âces ; comme les jugemens que vous portez sur nous sont peu charitables ! ajouta-t-elle d'un ton colère.

Dans ce moment, une barque toucha le rivage; un jeune officier, en uniforme français, sauta légèrement à terre, et s'approcha en fredonnant un vaudeville. Après avoir jeté un regard sur Schmidtberg, l'officier s'écria gaîment : — Votre extérieur intéressant, la blessure que vous avez au bras, et la jolie Bohémienne , ne me laissent nul doute que vous ne soyez celui que je cherche; permettez-moi de votis présenter le comte de Trévoux, votre cousin , enseigne dans les gardes de Sa Majesté Très Chrétienne, et qui meurt d'envie de vous embrasser.

— Vous vous trompez de personne, lui répondit Schmidtberg en se défendant contre cet importun. Je suis Schmidtbeig, pauvre étudiant allemand , qui ne suit les cours de l'université de Cologne que

a4 THEODORE, LE llOJ D ETE.

grâce aux secours que lui donnent des bienfaiteurs inconnus.

— Rschmiette...Qschmiedberge ! dit le Français d'un ton ironique; ce nom est paV trop allemand pour mon organe. II est possible que, par des motifs secrets, votre père ait juge à propos de "cacher votre rang au public, et de vous cacher à vous-même sous le voile de l'incognito.

Cependant vous devez bien supposer qu'un gentilhomme , un officier français, n'irait pas serrer contre son cœur un monsieur Schtmiedberge tout court, un monsieur tel et tel quelconque, s'il ne le savait pas bon gentilhomme.

— ■ Vous radotez , monsieur l'enseigne dans les gardes de Sa Majesté Très Chrétienne, s'écria Schmidtberg impatienté:

vous m'obligeriez infiniment, si vous vouliez me laisser seul.

— Mon dieu! dit le comte d'un ton assez doux, ne soyez donc pas si lourdement Allemand, et donnez-vous la peine d'écouter ce qu'un gentilhomme vient vous

Page 1