‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 9 sur 120 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La. vive brune tenait encore ses regards fixés sur le jeune homme, lorsque celuici ouvrit les yeux. — Je te salue à ton retour à la vie, beau blanc ! s'écria-t-elle avec gaîté. Sois sans inquiétude , ta blessure n'est pas dangereuse, et l'ami qui t'a remis entre mes mains ne tardera pas à revenir,

—Tu m'as secouru, mon enfant? Je t'en remercie, reprit Schmidtberg d'une voix faible; il jeta des regards inquiets autour de lui, et frémit en apercevant la marre de sang qui marquait l'entlroit où Frégoso était tombé sous son épée.

— Tu es épouvanté à l'aspect des traces de ton action, dit la jeune fille d'un ton sérieux mais doux; la voix du cœur est la voix de Dieu. Quand même tu aurais eu raison dans ton différend avec ce méchant homme, tu n'aurais pas dû le forcer par des outrages, à choisir l'épée pour juge entre toi et lui. Faut-il que vous soyez cruels vous autres hommes, lorsque vous êtes braves !

— Qui es-tu, singulière fille ? dit Schmidtberg avec la plus vive curiosité.

— La couleur de ma peau et mon habillement ne vous le disent-ils pas?

reprit la jeune brune. Ma horde est campée ici près dans le bois où elle fait une halte.

— Non! s'écria le jeune homme, ton langage et tes manières annoncent une origine plus relevée.

— Comme vous êtes ignorans et présomptueux, vous autres blancs, répliqua la fille en relevant sa tête avec fierté, et en retirant sa main que Schmidtberg avait

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