‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 100 sur 120 · CHAPITRE XWlI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XWlI

et \ii\ porta l'ordre du roi de s'y rendre sans délai avec ses troupes.

A cette nouvelle imprévue, Frédéric, saisi d'un joyeux étonnement, sentit l'espérance renaître dans son cœur ; il monta à cheval et partit rapidement en ordonnant aux chefs de le suivre à la tète de leurs soldats. Le prince trouva son père dans la maison du commandant; mais son aspect n'avait rien de rassurant. Il vint à sa rencontre déguisé en dominicain; son visage pâle et amaigri portait les traces des plus cuisans chagrins et l'expression de ce courage que donne le désespoir; l'aspect des seules personnes dont Théodore était accompagné, de Hassan et d'un juif à la physionomie rusée, qui semlilait sans cesse occupé de quelque calcul, remplirent le cœur de Frédéric de douleur et d'aversion. Ç.

— Depuis notre séparation, dit Théodore, nous n'avons été heureux ni l'un ni l'autre : vous avez fait plus que votre devoir, continua - 1- il, lorsque Frédéric

voiihi! jie disciilj3er des revers qu'il avait éprouvés ; mais où est l'homme capable de lutter contre les étoiles qui nous gouvernent sans dévier jamais, sans s'enquérir si des nations entières sont écrasées dans leurs redoutables rouages?

— Régit astra Deusl dit Frédéric du ton d'un léger reproche, pour rappeler à son père qu'en lui faisant ses adieux, il parlait tOHt différemment.

— Oui, oui, dit froidement le roi, on peut conserver une seml^lable croyance pendant quelque temps; mais elle ne repose que sur une pieuse théorie que l'expérience du monde ne tarde pas à démentir.

— Vous nous amenez des secours? lui demanda Frédéric en détournant la conversation.

— Des secours très considérables, lui répondit Théodore ; mais malheureusement insuffisans dans l'état de choses où je trouve notre île. Dans ce moment ses yeux tombèrent sur le juif dont la miiiÊ-

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