‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 110 sur 120 · CHAPITRE XXVJII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVJII

tôt de lu petite comtesse, j'enveloppai la petite Aima dans ses magnifiques langes, et je la mis dans les bras de la nourrice. La jeune comtesse de Brienne fut portée par une petite fille de ma horde à notre bivouac, et j'attendis dans un taillis le réveil de la nourrice. Elle examina ma petite Aima d'un air de doute; mais comment RÙt-elle deviné ce qui venait de se passer, et même l'eùt-elle soupçonné! il eût fallu ne taire, car l'orgueilleuse famille lui eût fait payer de sa vie son imprudence. Je iôdai encore pendant quelques jours autour de la villa, pour voir ce que devenait ma petiteAlma,etle hasard, ce protecteur àe& Bohémiens, me la fit rencontrer plusieurs fois. Il y eut, peu de temps après, une léte où la comtesse s'échauffa dans une danse italienne, et gagna une maladie mortelle. Au moment de sa mort, elle se fit apporter la petite Aima et lui donna sa

bénédiction comme à sa fille

— Sainte Vierge ! protège-moi , s'écria Olympia au désespoir, en joignant les mains

266 THÉODORE, LK llOl d'^TÉ.

vers Maillebois qui s'était éloigné de quelques pas et écoutait avec attention, ainsi que les autres assistans.

La Bohémienne, placée sur une des tombes de l'église, un rosaire à la main, l'œil enflammé et dans une attitude pittoresque, semblait une prophétesse évoquant les mânes. Il se fit an moment de silence, pendant lequel elle paraissait occupée à rassembler ses idées; enfin elle continua.

— Je ne sais comment je me suis trouvée renfermée dans le château de Li- Vourne....; j'oublie tant de choses.... Mais quand je t'ai vue passer dans toute ta î^loire, j'ai cru voir ma fille Thci-mutis le jour où elle cassa une cruche avec Horra*. Regarde son portrait, le voici; c'est l'ouvrage de ton père; c'était un habile peintre qui, par amour pour elle, voulut

* les amans bohémiens cassent une cruche, et se font

promesse de vivre ensemlile autant de joiTrs qu'il se trouve

de fragmens.

( Le Trad. )

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