CHAPITRE XXIX
«Telli en s'efforraiit de se tloiir>er à Unmême des consolations. Peut-être qu'un jour l'insolente république portera ellemême les fers qu'elle rive maintenant à la Corse. Puissent un jour les doges, les procureurs, et toutes les sangsues qui nous dévorent, recevoir la récomj^euse qu'ils méritent !
— Qu'est devenue Wlaska ? demanda Frédéric, lorsqu'il se vit seul avecGiafferi et Aima.
— Je ne l'avais pas revue depuis le moment où j'étais entrée dans le couvent comme novice ; mais il y a sept semaines qu'elle fut conduite dans ce couvent même, par les ordres du gouverneur, ponr y recevoir les soins que demandait l'état où elle se trouvait. Le bruit courut dans la ville qu'elle avait semé la division entre deux illustres maisons, et qu'on la forcerait de prendre le voile pour se soustraire à la punition qu'elle avait méritée. Mais lorsqu'on l'amena au couvent, la mort semblait déjà s'être emparée d'elle. Elle
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avail ie cœur oppressé par de violens chaiji-ins, et tenait les propos les plus incohérens. A l'en croire, elle jX)iivait m'élever au faite des s^randeurs; mais, ajoiitaitiîlle : « Que j'emporte rami secret dans le tombeau; mieux vaut que tw continues de vivre dans l'obscurité , et que tu restes bonne. » Elle parlait aussi beaucoup de vous; elle vous devait, disait-elle, une éternelle reconnaissance, parce que la crainte que vous lui avez inspirée l'avait fait renon- ■cer aux voies de la perdition , et l'avait conduite dans le chemin de la pénitence. EU^ n'a jamais voulu m'avouer ce qu'elle entendait par là. Mais si c'était une aussi firrande pécheresse qu'elle s'accusait elleinéme de l'être, son sincère repentir doit i'avoir réconciliée avec le ciel.
— Laissons reposer les morts, dit Giafferi, ne livrons pas le convalescent à de tristes pensées, et occupons -nous des soins de cette vie terrestre. Le rêve de la liberté de la Corse, de la couronne de Corse, est évanoui. C'est le cœur déchiré