CHAPITRE IV
tout de bon, reprit Bondelli en s'approchant respectueusement de lui. Dans ce cas, je dois regarder l'impossible comme jx^ssible : je dois croire que vous n'êtes pas encore informé, et que la dernière lettre de votre père vous a manqué à Milan.
— Je n'ai point été à Milan , répondit Frédéric : poursuivi par des dragons impériaux qui s'attachaient à mes talons, je lie sais pourquoi j'ai été obligé à mon grand regret de laisser cette belle ville à ma gauche.
— S'il en est ainsi , monseigneur , s'écria l'aubergiste, recueilleiz-vous, afin que la joie que doit vous causer un grand bonheur inattendu, ne compromette point votre santé. Votre père est
Dans ce moment on entendit plusieurs voix crier au rez-de-chaussée: — Signor BondelU !
— Vous êtes... s'écria celui-ci impatienté par cette interruption.
— Signor Bondelli! cria-t-on de nouveau
5o THÉODORE, LE ROI oVriJ-,
du rez-de-chaussée , et la fille corse entra précipitamment et anuon^a que donna Olympia, veuve du duc de Frescobaldi , venait d'arriver à Florence, et était descendue dans l'auberge.
— Excusez-moi, altesse, dit Boudelli, si je retarde le rapport que je vous dois. Cette nuit , lorsque tout le monde sera endormi et que nous ne craindr.ons pas d'être écoutés par des indiscrets, je vous informerai de tout ce que vous avez besoin de savoir. IMaintenant, il faut que j'aille recevoir la belle duchesse. Uu Corse ne doit pas se mettre mal avec les Florentins. Daignez vous tenir dans votre appartement ppur aujourd'hui, et permettezmoi de changer votre nom qui, par cela même qu'il est très illustre, pourrait vous devenir dangereux ici , en celui de baron de Cronenstein. Après avoir ahisi parlé, l'aubergiste affairé gagna la porte en toute hâte; la jeune Corse le suivit et Frédéric resta tout ébahi. Les persécutions qu'il avait eu à souffrir pendant sa route , et le