CHAPITRE V
■—«.Des espérances, divine Olympia!
s'écria le jeune homme. C'est à moi de parler d'espérances , puisque dans ce moment votre angéîiqiie bonté flatte des desirs qui devaient me pai'aître insensés.
— Fédérigo ! s'écria Olympia d'une voix entrecoupée par ses soupirs.
— A moi pour toujours ! s'écria Frédéric avecl'accent de l'enthousiasme et de la joie.
Tout-à-coup, elle se dégagea de ses bras : — Mon cœur , dit-elle , m'a fait dépasser la limite que la pudeur défend à une femme de franchir jamais. Prince Fédérigo ! ou» bliez ce moment de faiblesse , je vous dis adieu pour toujours !
— Olympia ! s'écria Frédéric qui , du liaut de l'empyrée , venait de retomber sur la terre.
Mais elle continua d'un ton recueilli et sérieux: — Olympia ne peut jamais être votre épouse , et toute autre relation qui s'établirait entre nous, couvrirait d'opprobre iilei:. 'maisons de FrescobakU et de arienne. Ainsi séparons-nous tandi;; qu'il
^6 tHtODORE, LE llOI DEXÉ.
en est temps encore , et lorsque , au-delà des mers, vous volerez de victoire en victoire, souvenez-vous quelquefois avec attendrissement d'une pauvre délaissée qui adressera d'ardentes prières au ciel pour faire descendre sur vous ses bénédictions. — Vous ne pouvez jamais devenir mon épouse? dit Frédéric; vous êtes donc liée par des vœux ?
— Par les vœux que j'ai faits à la vertu et à l'honneur. Je ne dois point vous épouser contre la volonté de votre père, contre celle de votre pays. L'un et l'autre pourraient avoir conçu pour vous des projets plus brillans. Peut-être qu'un jour vous -vous repentirez
— La première couronne de l'Europe ne peut que recevoir de l'éclat de votre front, et non lui en donner. Ma parole de prince vous est garant que Théodore et la Corse qu'il gouverne vous recevront avec acclamation.
Ses joues couvertes du plus vif incarnat, Olympia, bannissant toute contrainte,