CHAPITRE V
jeta ses beaux bras autour du cou de Frédéric et colla ses lèvres brûlantes sur celles du jeune homme»
En ce moment, on frappa doucement a la porte; bientôt les coups plus pressés devinrent plus forts. Olympia effrayée s'arracha des bras de Frédéric et s'élança audevant de sa femme de chambre qui contemplait le beau couple d'un œil ardent et en Souriant malignement. — Don Giafferi, dit-elle, a à communiquer à ce gentilhomme des choses de la plus haute importance, et qui ne souffrent pas le moindre délai.
— Laurette, lui dit Olympia, retiens-le encore pendant quelques instans dans l'antichambre ; et, lorsque cette fidèle domestique fut sortie, elle se tourna vers Frédéric qui, appuyé dans l'embrasure d'une fenêtre , semblait absorbé par le plaisir de contempler son amante. — Dans un moment tel que celui-ci, lui dit -elle en lui présentant un porte-feuille richement brodé, vous ne devez pas refuser
7^ ÏUKODORF, I.K F.OI l)'tTt.
d'accorùer une prière que vous fait Olyriipia. Pour conquérir sa liberté; la Corse n'a que du fer, elle manque de cet or toutpuissant, qui jusqu'à ce jour soutient seul la balance en faveur de Gênes. Les biens considérables dont j'ai hérités de mon époux me mettent à même de réparer cette injustice de la fortune. Loin de moi l'idée d'offrirun don à un fils de roi. Recevez donc comme un prêt ce que vous offre la main d'ime fidèle amie. Lorsque le roi Fédérigo sera un jour assis sur le trône de son père, il m'en fera la restitution; ce n'est que de lui seul que je l'accepterai.
Dans ce moment, la fierté ancienne et la fierté de fraîche date livrèrent, dans le cœur du baron-prince, un rude combat contre l'amour. Cependant, lorsque Olympia l'enlaça encore une fois de ses bras et glissa de sa main délicate le porte-feuille dans son sein, il put d'autant moins continuer de résister, que, dans cet instant même , Giafferi se précipita dans la pièce en repoussant un peu rndem-ent la gea-