CHAPITRE Vn
Le lendemain, à îa pointe du jour, les voyageurs arrivèrent au Ijourg Murato.
Tout y présentait le tableau de l'agitation et de la guerre. Des vieillards, des femmes, des enfans , faisaient des paquets de leurs ' meilleiu's effets pour se sauvera Nebbio, petite ville voisine; les hommes en état de porter les armes étaient en bataille sur la place du marché. Les hautes statures et la xarrure des hommes et des jeunes gens vêtus de vestes de drap foncé du pays, également commodes pour la chasse et pour la guerre; leurs visages bruns, réguliers etnohies; leurs yeux étincelansxle coiu'age, qui
88 TIIÉODOIIE, LK ROf d'ÉTÉ.
brillaient sous leurs bonnets ronges et noirs en forme de casques; les poignards et les pistolets qui garnissaient leurs ceintures; leurs excellentes carabines argentées dans le ruisseau cFeau minérale de Restonica, donnaient un aspect imposant à ce Lajiclsturm , et Frédéric dit à Caffori, qu'avec de tels hommes, il se faisait fort de conquérir la moitié de l'Europe. ^
— Oui, répondit celui-ci, supposé qu'ils restent unis entre eux et qu'ils continuent d'obéir à leur chef.
Le premier anciano du bourg, vieillard vénérable, parut pour présenter ses respects au lils de son souverain; Frédéric apprit de lui que les habitans des bourgs voisins de Barbaigo, Patrimonio et Farinola, excités par les Génois qui leur avaient fourni des armes , étaient tous prêts à favoriser une contre-révolution, et qu'ils n'attendaient que l'arrivée des troupes génoises, pour en venir à une attaque ouverte.
— Gènes n'est donc pas le seul ennemi