CHAPITRE vir
qu'à rien des conlre-révolutionnaires de Barbaigo et de Patrimonio-
— Rendez -vous à un ennemi qui vous est bien supérieur en nombre ! cria-t-il à ces derniers. Un de leurs capitaines lui répondit : — Nous avons déjà prié trois fois nos compatriotes de nous faire quartier, mais ils ont soif de notre sang, ainsi nous allons le leur vendre le plus chèrement que nous pourrons.
— En arrière! cria le jeune homme avec colère aux royalistes; mais ceuxci , animés par la rage ordinaire des guerres civiles , semblaient avoir peu d'envie de lui obéir; quelques-uns même dirent que personne n'avait le droit de les empêcher d'exercer une juste vengeance sur des traîtres à leur patrie. — En arrière î répéta Frédéric d'une voix de tonneire, en poussant son cheval au milieu d'eux, ou je fais charger la cavalerie sur vous !
Ce ferme usage du pouvoir équivalut, comme cela arrive souvent, à im argument irrécusable; les sanguinaires Mura-
tons mirent les détentes de leurs carabines au repos, et leurs adversaires qui avaient désespéré de leur vie, déposèrent leurs armes devant le prince avec des acclamations que leur inspirait la reconnaissance. Frédéric était livré à un sentiment plus délicieux encore que celui que lui faisait éprouver la victoire qu'il venait de remporter sur les Génois.
Giafferi, de retour sur le terrein du premier combat, après avoir poursuivi pendant quelque temps les fuyards, avait été témoin de cette scène, et le serra dans ses bras avec attendrissement. — Sur mon honneur, s'écria-t-il, vous êtes digne de régner un jour sur la Corse!