‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 37 sur 120 · CHAPITRE VIII. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. I

Génois Franchi prisonnier sur le champ de bataille. Faites-le conduire à l'instant devant notre trône.

Frédéric obéit, en proie à de sinistres pressentimens : lorsque Franchi , pâle et affaibli par la perte de son sang, se trouva au pied du trône, Théodore dit avec un calme effrayant : — Gènes a fait périr à Bastia le noble Arrighi du supplice des voleurs. Malheureusement , nous n'avons pas pris cette fois-ci de général pour pouvoir user complètement du droit de re« présailles. Cependant, comme cousin de Rivarola, vous êtes une victime expiatoire assez convenable ; préparez-vous à apaiser dans une heure les mânes de celui qui a été assassiné.

— Ah ! que n'avez-vous exaucé ma prière sur le champ de bataille ! dit Franchi en souriant amèrement à Frédéric qui, pâle d'horreur, se recueillit promptement , et dit. à son père d'un ton respectueux, mais avec une mâle fermeté: — J'ai donné ma parole de prince à ce brave,

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que son honneur et sa vie seraient respectés; je vous conjure donc, mon père et mon roi, de rétracter l'horrible arrêt de mort que vous venez de prononcer.

Théodore regarda l'audacieux jeune homme avec étonnement,mais sans colère; déjà la clémence allait l'emporter dans son cœur, lorsque le démon basané se pencha de nouveau vers son oreille et lui parla long-temps à voix basse et avec chaleur; les traits du roi reprirent une expression terrible, et il s'écria avec fureur: — Comme votre père et votre roi, je puis vous relever d'une parole que vous avez imprudemment donnée; ainsi, don Fédérigo , vous n'avez rien promis : que le bourreau remplisse ses fonctions!

Déjà les trabans allaient entraîner \e malheureux Franchi, mais le jeune homme s'élança au-devant d'eux , embrassa le prisonnier, et s'écria avec l'accent du désespoir, en levant les yeux vers le trône: — 3'étais baron allemand avant d'être prince

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