‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 38 sur 120 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

royal de Corse. Vous pourriez me dégager de rua parole de prince, que la parole du baron resterait engagée. Si par un ordre sanguinaire vous veniez à l'annuler, je vous le jure par tous les saints, je ne survivrais pas à mon déshonneur !

— Vous êtes un admirable jeunehomme!

s'écria Franchi qui, dans le ravissement où le mettait une semblable abnégation de soi-même, méprisait la mort qui l'attendait; mais une aussi belle fleur ne sera pas flétrie à cause de moi; je vous rends votre parole; abandonnez-moi à mon malheureux sort : que Théodore en flnisse avec moi selon son bon plaisir !

Tous les yeux se portèrent sur le roi qui faisait de vains efforts pour cacher la profonde émotion qu'il ressentait et qui avait un violent combat à soutenir contre les considérations de sa politique. Entin, son bon génie remporta la victoire; il renvoya avec dédain le Turc qui se penchait encore vers son oreille, et dit à Franchi: — Le comte Giabicomi

I06 THÉODORE, LE ROI d'ÉTÉ.

VOUS conduira au-delà de nos postes avancés. Pour toute rançon, je vous demande de raconter fidèlement à Bastia, ce que vous avez vu ici. Si pour la première fois en sa vie, votre sanguinaire parent apprend à connaître la honte d'un crime qu'on a commis, la Corse sera cette fois satisfaite.

— Sur mon honneur ! s'écria Giafferi en essuyant une larme, votre majesté a bien fait!

Les nobles Corses qui, un instant auparavant, brillaient du désir de venger le sang par le sang, touchés par ces exemples d'une générosité réciproque, crièrent du fond de leur cœur un vwat à leur roi; et Frédéric se précipitant sur les mai'ches du trône, arrosa la main de son père de ses larmes.

— Je veux être seul avec mon fils, dit Théodore d'une voix émue. Et lorsque tous les assistans eurent quitté la tente, il embrassa le jeune homme avec tout l'abandon d'un père. — Mon Frédéric,

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