CHAPITRE I. I I
de l'empereur ; après que la paix eut été conclue et ratifiée par tous les plénipotentiaires, et cju'une amnistie eut été accordée, les quatre principaux chefs des indigènes, Giafferi, Ciaccaldi, Aitelli et le père Raphaël , ont été arrêtés à Corte , sur la demande des députés génois, par les soldats allemands, et transférés à Bastia et de là à Gènes.
— C'est atroce ! s'écria Schmidtberg avec une noble indignation.
— Iln'y a que la plus niaise crédulité qui puisse ajouter foi à un semblable conte ! s'écria Frégoso : il est tout au contraire de notoriété publique que les chefs des rebelles ont été pris dans leur fuite après un combat, et il n'a jamais été, le moins du monde , question d'un traité.
— Permettez, monsieur Frégoso, reprit Wachtendonk d'un ton grave ; un prévenu paraît déjà à moitié convaincu lorsqu'il se laisse surprendre sur des mensonges et sur des contradictions, et la république de Gènes me paraît se trouver dans ce
ta THÉODORE, LE ROI d'ÉTÉ.
cas , quoiqu'elle ne soit qu'une personne morale , ou , à plus proprement parler, une personne extrêmement immorale. Je possède trois relations génoises sur cet attentat contre le droit des gens et contre le droit naturel, elles se contredisent réciproquement; et si vous considérez, que l'empereur lui-même, sur les représentations du prince de Wurtemberg et d'Eugène de Savoie, a demandé l'élargissement des détenus , en déclarant que ses troupes n'évacueraient le territoire génois qu'après leur mise en liberté, vous ajouterez foi d'autant plus facilement à la teneur de la lettre de monsieur mon oncle qui a commandé un corps de troupes impériales dans la guerre de Corse , et qui m'écrit la chose comme je viens de la raconter. — C'est effectivement la version la plus vraisemblable , s'écria Schmidtberg avec chaleur. Cette manière d'agir est bien dans l'esprit de ces brocanteurs de Génois. Malheur au pays que, dans sa colère. Dieu a soumis à la domination de