‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 45 sur 120 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

"^TVec ce Génois, et c'est là précisément ce qui me fâcha si fort contre votre hauteur; mais, croyez-moi, j'ai eu plus de chagrin de vous refuser le baiser d'adieu que vous n'eu avez eu de ne pas le prendre, €t pendant long -temps je n'ai pu m'en consoler.

— ^Eh! bien, réparons le temps perdu!

dit gaiment Frédéric; et, regardant la jolie Bohémienne comme une conquête .facile il la serra dans ses bras avec impétuosité. Mais Aima fit tous ses efforts poui- se dégager de ses bras; et comme elle n'y réussit pas, elle appela à haute voix Wîaska à son secours. La vieille s'approcha en toute hâte; et, levant ses longs doigts décharaés comme une furie vengeresse, elle lui cria avec sa voix glapissante : — IMeurs de Jhonte ! tu veux être prince et tu ne sais pas tenir ta parole; tu veux obtenir par la violeuce ce qu'une femme te refuse. Si tu savais ce que je sais, tu ferais tes excuses à genoux à cette chère enfant. Il faut que tu passes par la rude école de

l'adversité avant de devenir un homme.

Eh! bien, les épreuves ne te manqueront pas. Tu es monté bien haut , et tu crois être grand; mais c'est justement en montant que tu es devenu petit. Il faut que tu descendes, que tu descendes beaucoup, pour qu'on te voie dans ta grandeur naturelle, qui n'a pas besoin de secours étranger. Alprs seulement tu reverras moB Aima!

Tandis que Wlaska parlait ainsi, Aima s'était échappée; à son tour, la vieille disparut derrière le tapis qui fermait l'entrée de la tente, et Frédéric resta plongé dans cet abattement qu'éprouve une âme noble qui a une mauvaise action à se reprocher.

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